{"id":372083,"date":"2023-12-22T00:01:00","date_gmt":"2023-12-21T23:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=372083"},"modified":"2023-12-19T21:05:47","modified_gmt":"2023-12-19T20:05:47","slug":"fatigue-en-cas-de-rhumatisme-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/fatigue-en-cas-de-rhumatisme-2\/","title":{"rendered":"Fatigue en cas de rhumatisme"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Depuis la coronapand\u00e9mie, le nombre de publications sur les sympt\u00f4mes de fatigue a augment\u00e9 de mani\u00e8re exponentielle, ce qui refl\u00e8te le tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat actuel pour ce sujet. Les m\u00e9decins connaissent depuis longtemps les sympt\u00f4mes de fatigue qui accompagnent les cancers, mais aussi d&#8217;autres maladies chroniques comme les maladies auto-immunes.  <\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Depuis la coronapand\u00e9mie, le nombre de publications sur les sympt\u00f4mes de fatigue a augment\u00e9 de mani\u00e8re exponentielle, ce qui refl\u00e8te le tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat actuel pour ce sujet. Les m\u00e9decins connaissent depuis longtemps les sympt\u00f4mes de fatigue qui accompagnent les cancers, mais aussi d&#8217;autres maladies chroniques comme les maladies auto-immunes. Dans cet article, nous nous int\u00e9resserons exclusivement \u00e0 la fatigue en tant que sympt\u00f4me associ\u00e9 aux maladies auto-immunes, en particulier aux maladies rhumatismales inflammatoires. Il faut le distinguer du syndrome de fatigue chronique (SFC) (enc\u00e9phalomy\u00e9lite myalgique ME), qui n&#8217;est pas trait\u00e9 dans cet article.  <\/p>\n\n<h3 id=\"definition-de-la-fatigue\" class=\"wp-block-heading\">D\u00e9finition de la fatigue<\/h3>\n\n<p>La fatigue n&#8217;est pas synonyme de fatigue et\/ou d&#8217;\u00e9puisement. Les patients souffrant de fatigue se plaignent d&#8217;un sentiment insurmontable et souvent tr\u00e8s prolong\u00e9 de fatigue, d&#8217;\u00e9puisement et de manque d&#8217;\u00e9nergie. Vous vous sentez g\u00e9n\u00e9ralement priv\u00e9 de toute \u00e9nergie pendant une p\u00e9riode prolong\u00e9e. M\u00eame les activit\u00e9s physiquement l\u00e9g\u00e8res comme la cuisine, les appels t\u00e9l\u00e9phoniques ou d&#8217;autres activit\u00e9s quotidiennes sont per\u00e7ues comme difficilement r\u00e9alisables et ne sont pas am\u00e9lior\u00e9es par des p\u00e9riodes de repos suffisantes (comme le sommeil et\/ou les vacances). En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;\u00e9puisement n&#8217;est pas directement li\u00e9 \u00e0 un effort physique\/mental ou \u00e0 un stress ant\u00e9rieur. La fatigue se manifeste non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement et mentalement. En cas de fatigue prononc\u00e9e, les cons\u00e9quences peuvent \u00eatre le retrait social, la limitation de nombreuses activit\u00e9s priv\u00e9es et professionnelles et, en fin de compte, une diminution consid\u00e9rable de la qualit\u00e9 de vie li\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9.  <\/p>\n\n<h3 id=\"fatigue-en-cas-de-rhumatisme\" class=\"wp-block-heading\">Fatigue en cas de rhumatisme<\/h3>\n\n<p>Malgr\u00e9 les progr\u00e8s r\u00e9volutionnaires r\u00e9alis\u00e9s dans le traitement des maladies syst\u00e9miques rhumatismales, 50 \u00e0 70% des patients atteints de polyarthrite rhumato\u00efde (PR) et 67 \u00e0 90% des patients atteints de lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9 (LED) se plaignent encore aujourd&#8217;hui de sympt\u00f4mes de fatigue au cours de leur maladie, un tiers des patients atteints de LED d\u00e9clarant une fatigue marqu\u00e9e [1,2]. Les femmes sont plus souvent touch\u00e9es que les hommes. Les sympt\u00f4mes de fatigue ont \u00e9galement une grande importance socio-m\u00e9dicale et sont, entre autres, un pr\u00e9dicteur de co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s (surtout indirects) li\u00e9s \u00e0 la maladie, de visites fr\u00e9quentes chez le m\u00e9decin, de longues p\u00e9riodes d&#8217;arr\u00eat de travail et de retraites anticip\u00e9es [3].  <\/p>\n\n<p>Bien que le sympt\u00f4me <em>de la fatigue<\/em> soit connu depuis longtemps, il a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 2002 comme un param\u00e8tre important de rapport au patient (Patient-Reported-Outcome-Parameter, PRO) pour les essais cliniques en rhumatologie et il est r\u00e9guli\u00e8rement enregistr\u00e9 dans les essais cliniques depuis 2005 [4].<\/p>\n\n<p>Dans la pratique quotidienne, le sympt\u00f4me devrait \u00e9galement \u00eatre interrog\u00e9 de mani\u00e8re routini\u00e8re et une fatigue non sp\u00e9cifique devrait \u00eatre distingu\u00e9e d&#8217;une symptomatologie de fatigue typique par l&#8217;anamn\u00e8se. Malheureusement, il n&#8217;existe \u00e0 ce jour aucun biomarqueur permettant d&#8217;\u00e9valuer clairement et objectivement les sympt\u00f4mes de la fatigue. En particulier, la CRP au moment du diagnostic ne joue pas non plus de r\u00f4le en tant que pr\u00e9dicteur de l&#8217;\u00e9volution \u00e0 2 et 5 ans d&#8217;une symptomatologie de fatigue, mais les facteurs mentaux (comme la d\u00e9pressivit\u00e9, etc.) le font. Comme il s&#8217;agit d&#8217;une symptomatologie subjective, les \u00e9tudes cliniques utilisent en premier lieu diff\u00e9rents questionnaires g\u00e9n\u00e9riques sur la fatigue, mais aussi des questionnaires sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie, qui permettent \u00e9galement de diff\u00e9rencier diff\u00e9rentes dimensions de la fatigue (par ex. fatigue physique, cognitive, \u00e9motionnelle). Dans la pratique clinique, on peut tr\u00e8s bien travailler avec une \u00e9chelle Likert ou Fatigue VAS pour des raisons de temps. Leur utilisation est surtout recommand\u00e9e pour le suivi (par exemple sous traitement).<\/p>\n\n<h3 id=\"physiopathologie\" class=\"wp-block-heading\">Physiopathologie<\/h3>\n\n<p>La physiopathologie de la fatigue est tr\u00e8s complexe et n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9e en d\u00e9tail. Dans les maladies aigu\u00ebs, l&#8217;association de l&#8217;inflammation et de la fatigue a constitu\u00e9 un avantage \u00e9volutif. Le malade se reposait, restait \u00e0 la maison (minimisant ainsi son activit\u00e9 psychomotrice), se nourrissait peu et utilisait son \u00e9nergie uniquement pour se d\u00e9fendre contre l&#8217;infection. Nous parlons \u00e9galement ici de &#8220;sickness behavior&#8221;, un comportement adaptatif de retrait et de m\u00e9nagement qui favorisait le processus de gu\u00e9rison et repr\u00e9sentait donc un avantage \u00e9volutif.  <\/p>\n\n<p>Le contexte biologique r\u00e9side dans les effets sur le cerveau des cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, interkeukin-1 et interleukin-6) s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es dans le cadre de la maladie. Ces effets ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s en d\u00e9tail dans des mod\u00e8les animaux. Les r\u00e9cepteurs de l&#8217;interleukine-1 b\u00eata se trouvent dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du cerveau et les injections d&#8217;interleukine-1 b\u00eata dans les ventricules peuvent d\u00e9clencher un &#8220;sickness behavior&#8221; (comportement de maladie \u00e0 m\u00e9diation immunitaire).  <\/p>\n\n<p>Dans le cas de maladies chroniques telles que les maladies auto-immunes, le lien entre les sympt\u00f4mes de fatigue et l&#8217;activit\u00e9 de la maladie est \u00e9galement indiscutable. L\u00e0 encore, les effets p\u00e9riph\u00e9riques des cytokines pro-inflammatoires telles que l&#8217;interleukine-1 b\u00eata, l&#8217;interleukine-6, le TNF-alpha, etc., mais aussi leurs effets pro-inflammatoires dans le SNC avec induction d&#8217;une inflammation centrale et d&#8217;un &#8220;comportement maladif&#8221; (fatigue, d\u00e9pressivit\u00e9, anxi\u00e9t\u00e9, perte d&#8217;app\u00e9tit, baisse des capacit\u00e9s cognitives) jouent un r\u00f4le important. Les relations complexes entre l&#8217;inflammation, les m\u00e9tabolites c\u00e9r\u00e9braux (ATP, NADH, hexokinase, etc.), les facteurs neurovasculaires et l&#8217;action de neurotransmetteurs distincts dans certaines zones du cerveau et la survenue de la fatigue sont de mieux en mieux comprises [5].  <\/p>\n\n<p>Comme on peut donc s&#8217;y attendre, un traitement rapide et efficace de la maladie sous-jacente (par exemple avec des antagonistes du TNF) entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement aussi une am\u00e9lioration de la fatigue. Cependant, l&#8217;association entre la fatigue et l&#8217;activit\u00e9 de la maladie est g\u00e9n\u00e9ralement faible dans les maladies rhumatismales [6]. Un nombre non n\u00e9gligeable de patients continuent de souffrir de fatigue malgr\u00e9 une r\u00e9mission\/une faible activit\u00e9 de la maladie. C&#8217;est souvent le cas des patients chez qui l&#8217;activit\u00e9 objective de la maladie \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 faible au d\u00e9but de la maladie (par exemple, pas de constellation inflammatoire, pas de gonflement des articulations, etc.) et dont l&#8217;\u00e9valuation globale par les patients \u00e9tait \u00e9lev\u00e9e, par exemple dans le SDAI [7].  <\/p>\n\n<p>D&#8217;autres facteurs doivent donc jouer un r\u00f4le dans l&#8217;apparition d&#8217;une symptomatologie de fatigue. Par exemple, la douleur et la d\u00e9pressivit\u00e9 sont tr\u00e8s bien corr\u00e9l\u00e9es avec les sympt\u00f4mes de la fatigue. La fatigue est donc un ph\u00e9nom\u00e8ne multidimensionnel chez les patients souffrant d&#8217;une maladie rhumatismale inflammatoire sous-jacente. Outre la maladie rhumatismale sous-jacente, de nombreux autres facteurs peuvent \u00eatre en cause, tels que les comorbidit\u00e9s, le mode de vie, les facteurs psychosociaux ainsi qu&#8217;un syndrome de fibromyalgie secondaire, fr\u00e9quent dans les maladies rhumatismales. Cette derni\u00e8re se manifeste non seulement par des douleurs, mais aussi g\u00e9n\u00e9ralement par des troubles du sommeil qui peuvent encore aggraver la fatigue <strong>(figure 1).<\/strong><\/p>\n\n<p><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1797\" height=\"960\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-363789\" style=\"width:500px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15.png 1797w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-800x427.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-1160x620.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-120x64.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-90x48.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-320x171.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-560x299.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-240x128.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-180x96.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-640x342.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-1120x598.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/abb1_HP8_s15-1600x855.png 1600w\" sizes=\"(max-width: 1797px) 100vw, 1797px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<h3 id=\"diagnostic\" class=\"wp-block-heading\">Diagnostic<\/h3>\n\n<p>Si un patient se plaint de fatigue, il faut toujours commencer par exclure d&#8217;autres causes (\u00e9ventuellement faciles \u00e0 traiter). Ainsi, la symptomatologie de fatigue peut \u00e9galement \u00eatre due au traitement m\u00e9dicamenteux par des antihypertenseurs (\u03b2-bloquants, diur\u00e9tiques), des antihistaminiques, des benzodiaz\u00e9pines, etc. Une an\u00e9mie peut \u00e9galement entra\u00eener une fatigue et peut \u00eatre facilement trait\u00e9e par un traitement (par exemple en cas de carence en fer ou de carence en vitamine B12). M\u00eame les m\u00e9dicaments antirhumatismaux tr\u00e8s fr\u00e9quemment utilis\u00e9s, comme le MTX, peuvent avoir pour effet secondaire de provoquer une fatigue chez le patient, qui peut dispara\u00eetre \u00e0 l&#8217;arr\u00eat du m\u00e9dicament. Une carence en vitamine D, plus fr\u00e9quemment observ\u00e9e chez les patients atteints de maladies rhumatismales, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 la fatigue, bien que les donn\u00e9es \u00e0 ce sujet soient controvers\u00e9es. Dans une petite \u00e9tude d&#8217;observation portant sur 80 patients pr\u00e9sentant une carence en vitamine D, la fatigue associ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e par une suppl\u00e9mentation en vitamine D [8]. D&#8217;autres causes de sympt\u00f4mes de fatigue qui ne sont pas li\u00e9es \u00e0 la maladie sous-jacente (par exemple, des troubles m\u00e9taboliques) sont \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans <strong>le tableau 1<\/strong>.  <\/p>\n\n<p><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16.png\"><img decoding=\"async\" width=\"2199\" height=\"635\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-363790 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 2199px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 2199\/635;width:600px;height:undefinedpx\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16.png 2199w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-800x231.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-1160x335.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-2048x591.png 2048w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-120x35.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-90x26.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-320x92.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-560x162.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-1920x554.png 1920w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-240x69.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-180x52.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-640x185.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-1120x323.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/tab1_HP8_s16-1600x462.png 1600w\" data-sizes=\"(max-width: 2199px) 100vw, 2199px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<h3 id=\"therapie\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie<\/h3>\n\n<p>En pr\u00e9sence d&#8217;une maladie rhumatismale active, il convient de mettre en place rapidement un traitement efficace conforme aux lignes directrices. L&#8217;\u00e9ventail th\u00e9rapeutique s&#8217;est consid\u00e9rablement \u00e9largi au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Outre les csDMARDs classiques (conventional synthetic Disease-Modifying-Antirheumatic Drugs) tels que le m\u00e9thotrexate, le l\u00e9flunomide dans la PR ou l&#8217;hydroxychloroquine dans le LED, on utilise aujourd&#8217;hui tr\u00e8s t\u00f4t des bDMARDs (appel\u00e9s biologiques, &#8220;biological DMARDS&#8221;) tels que les antagonistes du facteur de n\u00e9crose tumorale alpha (TNF-alpha), les antagonistes des r\u00e9cepteurs de l&#8217;interleukine 6, et bien d&#8217;autres. Depuis quelques ann\u00e9es, il existe en outre un nouveau groupe de substances, les tsDMARDS (targeted synthetic DMARDs), dont font partie par exemple les inhibiteurs de la Janus kinase (JAK).  <\/p>\n\n<p>L&#8217;objectif du traitement des maladies rhumatismales est la r\u00e9mission ou une activit\u00e9 aussi faible que possible de la maladie. Cela vaut pour toutes les maladies rhumatismales inflammatoires. Pour y parvenir, un contr\u00f4le \u00e9troit et, si n\u00e9cessaire, une adaptation rapide du traitement sont n\u00e9cessaires. Dans la plupart des cas, la fatigue s&#8217;am\u00e9liorera avec l&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;activit\u00e9 de la maladie [9], bien que l&#8217;association entre l&#8217;activit\u00e9 de la maladie et la fatigue ne soit pas tr\u00e8s prononc\u00e9e. Une analyse Cochrane n&#8217;a pu mettre en \u00e9vidence que des am\u00e9liorations faibles \u00e0 mod\u00e9r\u00e9es de la fatigue en cas de PR active gr\u00e2ce \u00e0 un traitement biologique [10]. Les auteurs n&#8217;ont pas trouv\u00e9 de diff\u00e9rence entre les antagonistes du TNF et les autres m\u00e9dicaments biologiques en ce qui concerne l&#8217;am\u00e9lioration de la fatigue. Le bon effet analg\u00e9sique des inhibiteurs JAK pourrait \u00e9ventuellement expliquer le fait qu&#8217;ils aient eu un meilleur effet sur les sympt\u00f4mes de fatigue chez les patients atteints de PR par rapport \u00e0 un antagoniste du TNF (adalimumab) dans une \u00e9tude [11]. Le traitement m\u00e9dicamenteux sp\u00e9cifique des rhumatismes doit toujours \u00eatre accompagn\u00e9 d&#8217;une anamn\u00e8se m\u00e9dicamenteuse d\u00e9taill\u00e9e afin d&#8217;arr\u00eater, dans la mesure du possible, les m\u00e9dicaments qui d\u00e9clenchent ou aggravent la fatigue. Les comorbidit\u00e9s (par exemple l&#8217;insuffisance r\u00e9nale, la BPCO, etc.) doivent \u00e9galement \u00eatre r\u00e9pertori\u00e9es et, de pr\u00e9f\u00e9rence, trait\u00e9es de mani\u00e8re coh\u00e9rente et interdisciplinaire.<\/p>\n\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que des facteurs tels que la douleur, la d\u00e9pression et les troubles du sommeil peuvent \u00e9galement avoir une importance physiopathologique, seule une th\u00e9rapie multimodale est susceptible d&#8217;\u00eatre efficace \u00e0 long terme. L&#8217;activit\u00e9 physique et les interventions psychologiques peuvent avoir un effet b\u00e9n\u00e9fique sur les sympt\u00f4mes de la fatigue. Ainsi, une analyse Cochrane publi\u00e9e d\u00e8s 2013 a pris en compte 6 \u00e9tudes portant sur un total de 388 patients atteints de PR. L&#8217;activit\u00e9 physique a permis d&#8217;am\u00e9liorer la fatigue de 14 points sur une \u00e9chelle EVA de 0 \u00e0 100 par rapport au groupe t\u00e9moin. Le <em>nombre n\u00e9cessaire de traitements<\/em> (NNT) pour obtenir un effet favorable \u00e9tait [12].  <\/p>\n\n<p>R\u00e9cemment, une autre \u00e9tude prospective randomis\u00e9e \u00e0 trois bras a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour \u00e9valuer l&#8217;efficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale et des programmes d&#8217;exercices personnalis\u00e9s par le biais d&#8217;un guidage par t\u00e9l\u00e9communication. 274 femmes et 92 hommes souffrant de diff\u00e9rentes maladies rhumatismales inflammatoires ont \u00e9t\u00e9 inclus. Au bout d&#8217;un an, la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale et le programme d&#8217;exercices personnalis\u00e9s ont tous deux permis d&#8217;am\u00e9liorer les sympt\u00f4mes de la fatigue par rapport \u00e0 une prise en charge normale [13]. Cependant, dans l&#8217;ensemble, les \u00e9tudes sur l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;activit\u00e9 physique sur la fatigue dans les maladies rhumatismales inflammatoires sont encore peu nombreuses.  <\/p>\n\n<p>Cependant, de nombreuses \u00e9tudes men\u00e9es chez des patients oncologiques ont d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la fatigue gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;augmentation de l&#8217;activit\u00e9 physique. Une augmentation de l&#8217;activit\u00e9 physique augmente non seulement la r\u00e9sistance cardiopulmonaire, mais a \u00e9galement de nombreux effets psychosociaux positifs, tels que la r\u00e9duction de la d\u00e9pression, la diminution de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, l&#8217;augmentation des contacts sociaux et, en fin de compte, un meilleur sommeil. Les troubles du sommeil devraient \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement abord\u00e9s avec les personnes concern\u00e9es et les mesures d&#8217;hygi\u00e8ne du sommeil devraient \u00eatre indiqu\u00e9es, ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un diagnostic \u00e9largi du sommeil. Le stress doit \u00e9galement \u00eatre abord\u00e9 avec les personnes concern\u00e9es. Dans ce domaine, une \u00e9tude r\u00e9cemment publi\u00e9e portant sur 650 patients atteints de LED, principalement des femmes (92%), a montr\u00e9 que le stress est un pr\u00e9dicteur significatif de l&#8217;apparition de la fatigue au cours de la maladie et constitue donc \u00e9galement une cible th\u00e9rapeutique potentiellement importante [14]. En ce qui concerne les interventions psychosociales (Mind-Body-Medicine, interventions de pleine conscience, yoga, psycho\u00e9ducation, etc.), il n&#8217;existe que peu d&#8217;\u00e9tudes pour les patients atteints de rhumatisme, ce qui est probablement d\u00fb en partie \u00e0 la faible volont\u00e9 de les financer. Cependant, dans le cas des maladies oncologiques, il y a d\u00e9sormais suffisamment de preuves que la fatigue peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e par l&#8217;activit\u00e9 physique et des mesures psychosociales [15]. Dans ce contexte, une mesure de r\u00e9adaptation complexe multimodale peut \u00e9galement conduire \u00e0 une am\u00e9lioration significative de la fatigue et de la qualit\u00e9 de vie, comme nous avons pu le montrer dans nos propres \u00e9tudes [16,17]. Malheureusement, de telles \u00e9tudes n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es pour les patients atteints de rhumatismes.<\/p>\n\n<p><strong>Messages Take-Home<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La fatigue est un sympt\u00f4me fr\u00e9quent dans les maladies rhumatismales inflammatoires et doit faire l&#8217;objet d&#8217;une anamn\u00e8se r\u00e9guli\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>La fatigue est associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 de la maladie, en particulier \u00e0 la douleur et \u00e0 des facteurs mentaux tels que la d\u00e9pressivit\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>La th\u00e9rapie comprend le traitement m\u00e9dicamenteux syst\u00e9matique de la maladie de base, mais aussi des mesures non m\u00e9dicamenteuses.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><\/p>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Hewlett S, Cockshott Z, Byron M, et al.: Patients\u2019 Perceptions of fatigue in rheumatoid arthritis: overwhelming, uncontrollable, ignored. Arth Rheum 2005; 53: 697\u2013702.<\/li>\n\n\n\n<li>Pollard LC, Choy HE, Gonzalez J, et al.: Fatigue in rheumatoid arthritis reflects pain, not disease activity. Rheumatology 2006; 45: 885\u2013889.<\/li>\n\n\n\n<li>Baker K, Pope J: Employment and work disability in systemic lupus erythematosus: a systematic review. Rheumatology 2014; 48: 281\u2013284.<\/li>\n\n\n\n<li>Kirwan JR, Ahlen M, DeWit M, et al.: Progress since OMERACT 6 on including patients perspective in rheumatoid arthritis outcome assessment. J Rheumatol 2005; 32(11): 2246\u20132249.<\/li>\n\n\n\n<li>Zielinski MR, Systrom DM, Rose NR: Fatigue, Sleep, and Autoimmune and related Disorders. Front Immunol 2019; doi: 10.3389\/fimmu.2019.01827.<\/li>\n\n\n\n<li>Madsen SG, Danneskiold-Samsoe B, Stockmarr A, et al.: Correlations between fatigue and disease duration, disease activity, and pain in patients with rheumatoid arthritis: a systematic review. Scand J Rheumatol 2016; 45: 255\u2013261.<\/li>\n\n\n\n<li>Holten K, et al.: Fatigue in Patients with early rheumatoid arthritis undergoing treat-to-target therapy: predictors and response to treatment. Ann Rheum Dis 2022; 81: 344\u2013350.<\/li>\n\n\n\n<li>Ruiz-Irastorza G, Gordo S, Olicares N, et al.: Changes in vitamin D levels in patients with systemic lupus erythematosus: effects on fatigue, disease activity and damage. Arthritis Care Res 2010; 62: 1160\u20131165. <\/li>\n\n\n\n<li>Holdren M, Schieir O, Bartlett SJ, et al.: Achieving a low disease state within 3 months in early rheumatoid arthritis results in lower fatigue over 5 years. Ann Rheum Dis 2019; 78: A240.<\/li>\n\n\n\n<li>Almeida C, Choy EH, Hewlett S, et al.: Biologic interventions for fatigue in rheumatoid arthritis. Cochrane Database Syst Rev 2016; 6: CD008334; doi: 10.1002\/14651858.CD008334.pub2.<\/li>\n\n\n\n<li>Fautrel B, Krikham B, Pope JE, et al.: Effect of baricitinib and adalimumab in reducing pain and improving function in patients with rheumatoid arthritis in low disease activity: exploratory analyses from RA-BEAM. J Clin med 2019; 8: E1394.<\/li>\n\n\n\n<li>Cramp F, Hewlett S, Almeida C, et al.: Nonpharmacological interventions for fatigue in rheumatoid arthritis. Cochrane Database Syst Rev 2013; CD008322.<\/li>\n\n\n\n<li>Bachmair EM, Martin K, Aucott L, et al.: Remotely deliverd cognitive behavioural and personalised exercise interventions for fatigue severity and impact in inflammatory rheumatic diseases (LIFT): a multicentre, randomised, controlled, open-label, parallel-group trial. Lancet Rheumatol 2022; 4: e534\u2013e545.<\/li>\n\n\n\n<li>Azzizoddin DR, Jolly M, Arora S, et al.: Longitudinal Study of Fatigue, Stress and Depression: Role of Reduction in Stress towards Improvement in Fatigue. Arthritis Care Res 2021: 72(10): 1440\u20131448.<\/li>\n\n\n\n<li>Fabi A, Bhargava R, Fatigoni S, et al.: Cancer-related fatigue: ESMO Clinical Practice Guidelines for diagnosis and treatment. Ann Oncol 2020; 31: 713\u2013723; doi: 10.1016\/j.annonc.2020.02.016. <\/li>\n\n\n\n<li>Hartmann U, Ring C, Reuss-Borst M: Verbesserung der gesundheitsbezogenen Lebensqualit\u00e4t bei Brustkrebs-Patientinnen durch station\u00e4re Rehabilitation. Med Klin 2004; 99(8): 422\u2013429.<\/li>\n\n\n\n<li>Peters E, Mendoza-Schulz L, Reuss-Borst M: Quality of life after cancer \u2013 how the extent of impairment is influenced by patient characteristics. BMC Cancer 2016; 16(1): 787.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><\/p>\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>InFo RHEUMATOLOGIE 2023; 5(2): 8\u201311<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis la coronapand\u00e9mie, le nombre de publications sur les sympt\u00f4mes de fatigue a augment\u00e9 de mani\u00e8re exponentielle, ce qui refl\u00e8te le tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat actuel pour ce sujet. 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