{"id":380050,"date":"2024-05-29T00:01:00","date_gmt":"2024-05-28T22:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=380050"},"modified":"2024-08-19T16:28:15","modified_gmt":"2024-08-19T14:28:15","slug":"actualites-sur-la-medecine-de-genre-dans-la-pr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/actualites-sur-la-medecine-de-genre-dans-la-pr\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s sur la m\u00e9decine de genre dans la PR"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La polyarthrite rhumato\u00efde (PR) est la maladie rhumatismale inflammatoire des articulations la plus fr\u00e9quente. Elle touche environ 2 \u00e0 3 fois plus les femmes que les hommes. L&#8217;interaction exacte des facteurs immunologiques, hormonaux et g\u00e9n\u00e9tiques n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 ce jour. Cependant, pour permettre \u00e0 l&#8217;avenir une meilleure prise en charge m\u00e9dicale individualis\u00e9e de nos patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires comme la PR, il est indispensable de prendre en compte les facteurs sp\u00e9cifiques ou d\u00e9pendants du sexe.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div class=\"cnvs-block-alert cnvs-block-alert-1669013560583\" >\n\t<div class=\"cnvs-block-alert-inner\">\n\t\t\n\n<p>Vous pouvez passer le test de FMC sur notre plateforme d&#8217;apprentissage apr\u00e8s avoir consult\u00e9 le mat\u00e9riel recommand\u00e9. 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Les raisons de ce soi-disant &#8220;biais de genre&#8221; sont multiples, notamment des diff\u00e9rences connues dans les syst\u00e8mes immunitaires des femmes et des hommes, mais les causes hormonales (par exemple les hormones sexuelles) et g\u00e9n\u00e9tiques jouent \u00e9galement un r\u00f4le important [1]. L&#8217;interaction exacte des facteurs immunologiques, hormonaux et g\u00e9n\u00e9tiques n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 ce jour. Dans l&#8217;ensemble, la recherche sur les diff\u00e9rences entre les sexes en rhumatologie est encore tr\u00e8s limit\u00e9e. Cependant, afin de permettre \u00e0 l&#8217;avenir une meilleure prise en charge m\u00e9dicale individualis\u00e9e de nos patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires comme la PR, il est indispensable de prendre en compte les facteurs sp\u00e9cifiques ou d\u00e9pendants du sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes men\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent sur la PR en fonction du sexe ont permis de mettre en \u00e9vidence des diff\u00e9rences en termes d&#8217;\u00e9volution de la maladie, de v\u00e9cu de la maladie, de comorbidit\u00e9s, de survenue d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires, de pr\u00e9sence ou de r\u00e9partition d&#8217;auto-anticorps, ainsi que de recours aux soins de sant\u00e9, comme le montre le texte suivant.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"evolution-de-la-maladie\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9volution de la maladie<\/h3>\n\n\n\n<p>L&#8217;\u00e9volution de la maladie de la PR est d\u00e9terminante pour le r\u00e9sultat \u00e0 long terme des personnes atteintes. Un diagnostic pr\u00e9coce et la mise en place d&#8217;un traitement efficace le plus t\u00f4t possible \u00e0 l&#8217;aide de m\u00e9dicaments appel\u00e9s DMARD <em>(Disease-Modifying Antirheumatic Drugs) <\/em>permettent d&#8217;\u00e9viter l&#8217;apparition de l\u00e9sions \u00e0 long terme, telles que la destruction et la perte de fonction des articulations, et de r\u00e9duire ainsi l&#8217;invalidit\u00e9 \u00e0 long terme des personnes concern\u00e9es. En raison des nombreuses possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques modernes (notamment l&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments biologiques), les patients atteints de PR sont aujourd&#8217;hui trait\u00e9s selon la strat\u00e9gie dite &#8220;Treat-to-target&#8221; (T2T) &#8211; dans le but d&#8217;obtenir le meilleur r\u00e9sultat possible de la maladie [2].  <\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude su\u00e9doise men\u00e9e en 2004 a inclus un total de 844 patients (538 femmes) atteints d&#8217;une PR pr\u00e9coce et les a \u00e9valu\u00e9s de mani\u00e8re prospective sur une p\u00e9riode de 2 ans afin de d\u00e9terminer les diff\u00e9rences entre les sexes. Les r\u00e9sultats montrent que les femmes \u00e9taient significativement plus jeunes que les hommes au moment du diagnostic (54,4 ans contre 60,3 ans ; p&lt;0,001) &#8211; \u00e0 l&#8217;\u00e2ge  &lt;40 ans, la r\u00e9partition entre les sexes \u00e9tait m\u00eame de 5:1 pour les femmes par rapport aux hommes -, les femmes avaient en outre des taux m\u00e9dians d&#8217;inflammation plus faibles : CRP 17 vs. 26 mg\/l (p&lt;0,001). Le score moyen d&#8217;activit\u00e9 de la maladie DAS28<em> (Disease Activity Score28) <\/em>des femmes \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 que celui des hommes au moment du diagnostic : 5,2 vs 5,0 (p=0,02), de m\u00eame que les femmes avaient un score fonctionnel plus faible :<em> score<\/em>HAQ<em>(Health Assessment Questionnaire)<\/em>de 1,0 vs 0,75 (p&lt;0,001). Apr\u00e8s 2 ans, les femmes continuaient \u00e0 pr\u00e9senter une activit\u00e9 de la maladie significativement plus \u00e9lev\u00e9e dans le DAS28 (3,6 vs. 3,1) et une fonctionnalit\u00e9 plus faible mesur\u00e9e par les scores HAQ (0,5 vs. 0,25, p&lt;0,001 dans les deux cas). Cependant, aucune diff\u00e9rence n&#8217;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e entre les deux sexes en ce qui concerne les r\u00e9sultats radiologiques (\u00e9rosions selon le score de Larsen). Parmi les raisons possibles de ces diff\u00e9rences entre les sexes, on suppose que la r\u00e9ponse au traitement est moins bonne en fonction du sexe (au d\u00e9triment des femmes), ce qui s&#8217;accompagne d&#8217;une activit\u00e9 accrue et continue de la maladie [3].  <\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"vecu-et-fardeau-de-la-maladie\" class=\"wp-block-heading\">V\u00e9cu et fardeau de la maladie<\/h3>\n\n\n\n<p>Les femmes ont une sensibilit\u00e9 \u00e0 la douleur globalement plus \u00e9lev\u00e9e que les hommes, ce qui entra\u00eene automatiquement des scores de douleur plus \u00e9lev\u00e9s dans les questionnaires remplis par les femmes atteintes de PR. Il n&#8217;est donc pas surprenant que les plaintes d\u00e9clar\u00e9es par les patients atteints de PR ne soient pas n\u00e9cessairement en corr\u00e9lation avec des signes d&#8217;inflammation objectivables par IRM fonctionnelle [4]. De plus, le score d&#8217;activit\u00e9 de la maladie DAS28 est fortement pond\u00e9r\u00e9 par le nombre d&#8217;articulations douloureuses \u00e0 la pression. Les raisons possibles de l&#8217;augmentation de la douleur et donc de l&#8217;exp\u00e9rience de la maladie chez les femmes atteintes de PR sont que les hormones sexuelles influencent g\u00e9n\u00e9ralement la transmission, la modulation et la perception de la douleur, par exemple la testost\u00e9rone augmente le seuil de douleur [5]. Outre l&#8217;influence des hormones, les femmes ont un plus grand nombre de r\u00e9cepteurs de la douleur et une expression diff\u00e9rente de ces r\u00e9cepteurs, par exemple en ce qui concerne les r\u00e9cepteurs opio\u00efdes [6]. Des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique humaine ont \u00e9galement montr\u00e9 l&#8217;implication de certains g\u00e8nes dans les caract\u00e9ristiques de la douleur aigu\u00eb et chronique en fonction du sexe. En outre, il est important de noter que les cellules immunitaires et les mol\u00e9cules associ\u00e9es, en particulier les cellules T, pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences qualitatives entre les sexes en cas de douleur chronique [7]. En outre, les diff\u00e9rences de perception de la douleur sont tr\u00e8s probablement influenc\u00e9es par des facteurs externes tels que les attentes, les st\u00e9r\u00e9otypes, les diff\u00e9rences culturelles, les croyances sur la douleur, les exp\u00e9riences ant\u00e9rieures de la douleur et le stress environnemental [8,9].  <\/p>\n\n\n\n<p>La douleur n&#8217;est pas le seul facteur qui joue un r\u00f4le important dans le v\u00e9cu et le fardeau de la maladie chez les patients atteints de PR, les sympt\u00f4mes de fatigue, c&#8217;est-\u00e0-dire une fatigue excessive, jouent \u00e9galement un r\u00f4le important. Dans une \u00e9tude sur les diff\u00e9rences entre les sexes dans la PR concernant les sympt\u00f4mes de fatigue, 228 femmes et hommes ont \u00e9t\u00e9 inclus et examin\u00e9s en ce qui concerne les facteurs pouvant influencer les sympt\u00f4mes de fatigue. Les jours o\u00f9 le nombre d&#8217;\u00e9v\u00e9nements positifs \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne, les femmes atteintes de PR incluses \u00e9taient \u00e0 la fois moins fatigu\u00e9es le jour m\u00eame et plus fatigu\u00e9es le lendemain (&#8220;hangover&#8221;), alors que cela n&#8217;avait aucune influence sur les patients masculins. Pour les deux sexes, les jours o\u00f9 le nombre d&#8217;\u00e9v\u00e9nements n\u00e9gatifs \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne s&#8217;accompagnaient d&#8217;une fatigue accrue le jour m\u00eame et le lendemain [10]. Les donn\u00e9es actuelles de 3685 femmes et 1378 hommes atteints de PR, issues de la documentation de base des centres r\u00e9gionaux coop\u00e9ratifs de rhumatologie en Allemagne, montrent des d\u00e9clarations de fatigue et de douleur plus \u00e9lev\u00e9es chez les femmes par rapport aux hommes. Ainsi, 57% des femmes, mais aussi 45% des hommes, ont d\u00e9clar\u00e9 des sympt\u00f4mes de fatigue mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res <strong>(figure 1)<\/strong> [11].<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1338\" height=\"1038\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-379633\" style=\"width:500px\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5.png 1338w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-800x621.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-1160x900.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-120x93.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-90x70.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-320x248.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-560x434.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-240x186.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-180x140.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-640x497.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb1_HP5_s5-1120x869.png 1120w\" sizes=\"(max-width: 1338px) 100vw, 1338px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 id=\"comorbidites\" class=\"wp-block-heading\">Comorbidit\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les comorbidit\u00e9s influencent non seulement le choix du traitement antirhumatismal, mais aussi la r\u00e9ponse au traitement et l&#8217;\u00e9volution ult\u00e9rieure de la maladie. Une analyse des donn\u00e9es de l&#8217;assurance maladie allemande de 2015 a montr\u00e9 qu&#8217;outre les facteurs de risque cardiovasculaires, l&#8217;arthrose (44%), la d\u00e9pression (32%) et l&#8217;ost\u00e9oporose (26%) \u00e9taient les diagnostics associ\u00e9s les plus fr\u00e9quents dans la PR. Alors que les femmes \u00e9taient plus souvent atteintes de d\u00e9pression, d&#8217;ost\u00e9oporose, d&#8217;arthrose et d&#8217;hypothyro\u00efdie, les hommes \u00e9taient plus souvent atteints, entre autres, de maladies coronariennes, de diab\u00e8te, d&#8217;arythmie cardiaque et de maladies vasculaires <strong>(figure 2) <\/strong>[12].  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1302\" height=\"1264\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-379634 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1302px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1302\/1264;width:500px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5.png 1302w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-800x777.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-1160x1126.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-120x116.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-90x87.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-320x311.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-560x544.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-240x233.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-180x175.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-640x621.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/abb2_HP5_s5-1120x1087.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1302px) 100vw, 1302px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dans une \u00e9tude de synth\u00e8se r\u00e9alis\u00e9e par Albrecht et al. de 2014, les aspects sp\u00e9cifiques au genre concernant les comorbidit\u00e9s dans la PR ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s [13]. Ici, l&#8217;accent a \u00e9t\u00e9 mis sur le contr\u00f4le des facteurs de risque cardiovasculaire chez les hommes, mais aussi sur les \u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires comme principale cause de d\u00e9c\u00e8s chez les femmes \u00e2g\u00e9es atteintes de PR. La n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une prophylaxie de l&#8217;ost\u00e9oporose existe \u00e9galement chez les hommes atteints de PR et pr\u00e9sentant des risques associ\u00e9s (notamment un traitement par glucocortico\u00efdes). L&#8217;hypothyro\u00efdie, souvent concomitante chez les femmes, peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e en contr\u00f4lant la fonction thyro\u00efdienne.  <\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"distribution-des-auto-anticorps\" class=\"wp-block-heading\">Distribution des auto-anticorps<\/h3>\n\n\n\n<p>Chez une grande partie des patients atteints de PR, des anticorps positifs peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s dans le s\u00e9rum au moment de l&#8217;apparition de la maladie : Facteurs rhumato\u00efdes (FR) et\/ou anticorps antipeptides citrullin\u00e9s (ACPA, par exemple anti-CCP) ; ces patients sont alors consid\u00e9r\u00e9s comme s\u00e9ropositifs. La s\u00e9ropositivit\u00e9 pour la RF et\/ou l&#8217;ACPA est associ\u00e9e \u00e0 un risque accru d&#8217;\u00e9rosivit\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire que ces patients sont plus susceptibles d&#8217;avoir une \u00e9volution de la maladie destructrice des articulations [14], de plus, les patients atteints de PR positive pour l&#8217;ACPA ont un risque accru de d\u00e9velopper une pneumopathie interstitielle (dite PR-ILD) [15]. Le sexe masculin est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 comme un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement de la PR-ILD [15].  <\/p>\n\n\n\n<p>Dans une \u00e9tude su\u00e9doise, les s\u00e9rums de 1600 patients (70% de femmes) ayant d\u00e9velopp\u00e9 une PR dans l&#8217;ann\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s pour la positivit\u00e9 des anticorps anti-CCP2 et des RF (IgA, IgG et IgM) [16]. Les anti-CCP2 \u00e9taient positifs dans 64% des cas, 43% \u00e9taient positifs pour les IgA RF, 33% pour les IgG RF et 57% pour les IgM-RF. Les femmes \u00e9taient plus souvent positives pour les IgM-RF et les hommes plus souvent positifs pour les IgG\/RF\/IgA. Aucune diff\u00e9rence entre les sexes n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e pour la positivit\u00e9 des AC CCP2, mais il y avait une corr\u00e9lation avec l&#8217;\u00e2ge (les jeunes patients atteints de PR \u00e9taient plus souvent positifs pour CCP2). Ces r\u00e9sultats, selon lesquels les ACPA sont plus \u00e9lev\u00e9s dans la PR pr\u00e9coce &#8211; ind\u00e9pendamment du sexe &#8211; et les sous-classes RF en faveur des IgM sont plus fr\u00e9quentes chez les femmes et les IgA\/IgA plus fr\u00e9quentes chez les hommes, devraient donc \u00eatre pris en compte dans l&#8217;\u00e9valuation de la s\u00e9rologie des anticorps (pr\u00e9coces).<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"recours-aux-soins-de-sante\" class=\"wp-block-heading\">Recours aux soins de sant\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude r\u00e9cente incluant (outre l&#8217;arthrite psoriasique et la spondylarthrite ankylosante) des patients atteints de PR a examin\u00e9 dans quelle mesure le sexe avait une influence sur le recours aux soins de sant\u00e9. Dans cette \u00e9tude de cohorte canadienne, les patients atteints des arthrites inflammatoires mentionn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s trois ans avant et trois ans apr\u00e8s le diagnostic en termes de fr\u00e9quence des consultations m\u00e9dicales et des examens de laboratoire et d&#8217;imagerie. Les r\u00e9sultats montrent que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de consulter un rhumatologue avant et apr\u00e8s le diagnostic, et de subir des examens de laboratoire et d&#8217;imagerie. Si l&#8217;\u00e9tude confirme que les femmes sont plus conscientes de leur sant\u00e9, elle soul\u00e8ve \u00e9galement la question de savoir pourquoi le diagnostic d&#8217;une arthrite inflammatoire, telle que la PR, n&#8217;est pas pos\u00e9 plus t\u00f4t chez les femmes, ce qui devrait conduire \u00e0 un meilleur r\u00e9sultat. \u00c0 l&#8217;avenir, il conviendrait donc de d\u00e9velopper des strat\u00e9gies sp\u00e9cifiques au genre, tant pour le diagnostic pr\u00e9coce que pour le traitement des arthrites inflammatoires, afin de r\u00e9duire \u00e0 long terme la diff\u00e9rence d&#8217;\u00e9volution de la maladie entre les patients masculins et f\u00e9minins atteints d&#8217;arthralgies inflammatoires [17].<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Messages Take-Home<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les femmes et les hommes atteints de PR diff\u00e8rent de plusieurs fa\u00e7ons.  <\/li>\n\n\n\n<li>De la manifestation \u00e0 l&#8217;\u00e9volution de la maladie, en passant par le v\u00e9cu de la maladie, de nombreux aspects influencent \u00e9galement le r\u00e9sultat de la maladie.  <\/li>\n\n\n\n<li>La connaissance des facteurs d&#8217;influence sp\u00e9cifiques au sexe nous aide \u00e0 mieux \u00e9valuer la r\u00e9ponse aux diff\u00e9rentes options th\u00e9rapeutiques et \u00e0 am\u00e9liorer la prise en charge individuelle des femmes et des hommes atteints de PR.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Klein SL, Flanagan KL : Diff\u00e9rences sexuelles dans les r\u00e9ponses immunitaires. Nat Rev Immunol 2016 ; 16(10) : 626-638 ; doi : 10.1038\/nri.2016.90.<\/li>\n\n\n\n<li>Smolen JS, Landew\u00e9 RBM, Bergstra SA, et al : EULAR recommendations for the management of rheumatoid arthritis with synthetic and biological disease-modifying antirheumatic drugs : 2022 update. Ann Rheum Dis 2023 ; 82(1) : 3-18 ; doi : 10.1136\/ard-2022-223356.  <\/li>\n\n\n\n<li>Tengstrand B, Ahlm\u00e9n M, Hafstr\u00f6m I : L&#8217;influence du sexe sur l&#8217;arthrite rhumato\u00efde : une \u00e9tude prospective du d\u00e9but et des r\u00e9sultats apr\u00e8s 2 ans. J Rheumatol 2004 ; 31(2) : 214-222.<\/li>\n\n\n\n<li>Schrepf A, Kaplan CM, Ichesco E, et al : A multi-modal MRI study of the central response to inflammation in rheumatoid arthritis. Nat Commun 2018 ; 9(1) : 2243.  <\/li>\n\n\n\n<li>Aloisi AM, Affaitati G, Ceccarelli I, et al : L&#8217;estradiol et la testost\u00e9rone affectent diff\u00e9remment les r\u00e9ponses comportementales li\u00e9es \u00e0 la douleur visc\u00e9rale chez les rats m\u00e2les et femelles. Eur J Pain 2010 ; 14(6) : 602-607.  <\/li>\n\n\n\n<li>Niesters M, Dahan A, Kest B, et al : Do sex differences exist in opioid analgesia ? A systematic review and meta-analysis of human experimental and clinical studies. Pain 2010 ; 151(1) : 61-68.  <\/li>\n\n\n\n<li>Mogil JS : Diff\u00e9rences sexuelles qualitatives dans le traitement de la douleur : preuve \u00e9mergente d&#8217;une litt\u00e9rature biais\u00e9e. Nat Rev Neurosci 2020 ; 21 : 353-365.  <\/li>\n\n\n\n<li>Gazerani P, Aloisi AM, Ueda H : Editorial : Diff\u00e9rences dans la biologie de la douleur, la perception, et les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation : vers des traitements sp\u00e9cifiques au sexe et au genre. Front Neurosci 2021 ; 15 : 697285.  <\/li>\n\n\n\n<li>Keogh E : The gender context of pain. Health Psychol Rev 2021 ; 15(3) : 454-481.  <\/li>\n\n\n\n<li>Davis MC, Okun MA, Kruszewski D, et al : Diff\u00e9rences sexuelles dans les relations entre les \u00e9v\u00e9nements quotidiens positifs et n\u00e9gatifs et la fatigue chez les adultes atteints d&#8217;arthrite rhumato\u00efde. J Pain 2010 ; 11(12) : 1338-1347.  <\/li>\n\n\n\n<li>Thiele K, Albrecht K, Alexander T, et al : Kerndokumentation der regionalen kooperativen Rheumazentren &#8211; Versorgungstrends 2024 ; doi : 10.17169\/refubium-41983.<\/li>\n\n\n\n<li>Luque Ramos A, Redeker I, Hoffmann F, et al : Comorbidities in Patients with Rheumatoid Arthritis and Their Association with Patient-reported Outcomes : Results of Claims Data Linked to Questionnaire Survey. J Rheumatol 2019 ; 46(6) : 564-571 ; doi : 10.3899\/jrheum.180668.<\/li>\n\n\n\n<li>Albrecht K : Diff\u00e9rences de comorbidit\u00e9 sp\u00e9cifiques au genre dans la polyarthrite rhumato\u00efde [Gender-specific differences in comorbidities of rheumatoid arthritis]. Z Rheumatol 2014 ; 73(7) : 607-614.  <\/li>\n\n\n\n<li>Arnason JA, J\u00f3nsson T, Brekkan A, et al : Relation entre les \u00e9rosions osseuses et les isotypes du facteur rhumato\u00efde. Ann Rheum Dis 1987 ; 46(5) : 380-384.  <\/li>\n\n\n\n<li>Fazeli MS, Khaychuk V, Wittstock K, et al : Rhumatoid arthritis-associated interstitial lung disease : epidemiology, risk\/prognostic factors, and treatment landscape. Clin Exp Rheumatol 2021 ; 39(5) : 1108&#8211;1118.  <\/li>\n\n\n\n<li>Pertsinidou E, Manivel VA, Westerlind H, et al : Rheumatoid arthritis autoantibodies and their association with age and sex. Clin Exp Rheumatol 2021 ; 39(4) : 879-882.  <\/li>\n\n\n\n<li>Tarannum S, Widdifield J, Wu CF, et al : Understanding sex-related differences in healthcare use among patients with inflammatory arthritis : a population-based study. Ann Rheum Dis 2023 ; 82(2) : 283-291.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>HAUSARZT PRAXIS 2024; 19(5): 4\u20136<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La polyarthrite rhumato\u00efde (PR) est la maladie rhumatismale inflammatoire des articulations la plus fr\u00e9quente. Elle touche environ 2 \u00e0 3 fois plus les femmes que les hommes. 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