{"id":380705,"date":"2024-07-06T00:01:00","date_gmt":"2024-07-05T22:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=380705"},"modified":"2024-06-05T10:20:51","modified_gmt":"2024-06-05T08:20:51","slug":"ait-reduit-les-sprays-nasaux-temporairement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/ait-reduit-les-sprays-nasaux-temporairement\/","title":{"rendered":"AIT r\u00e9duit les sprays nasaux &#8211; temporairement"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La rhinite allergique (RA) a un impact non n\u00e9gligeable sur le fonctionnement quotidien des patients et r\u00e9duit significativement leur qualit\u00e9 de vie. L&#8217;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique (ITA) est la seule option causale permettant de r\u00e9duire consid\u00e9rablement la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes tout en pr\u00e9venant les complications. Sur une p\u00e9riode de 18 ans, des m\u00e9decins danois ont \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;AIT dans le traitement de la rhinite allergique.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la plupart des cas, les sympt\u00f4mes de l&#8217;AR sont caus\u00e9s par une hypersensibilit\u00e9 au pollen des plantes m\u00e9di\u00e9e par les IgE et sont donc d\u00e9clench\u00e9s pendant la saison pollinique. L&#8217;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique, qui consiste en l&#8217;administration r\u00e9p\u00e9t\u00e9e par voie sublinguale ou sous-cutan\u00e9e de grandes quantit\u00e9s de l&#8217;allerg\u00e8ne pollinique d\u00e9clencheur, est le seul traitement dont l&#8217;effet modificateur de la maladie et l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e0 long terme ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s. Cependant, \u00e9tant donn\u00e9 que l&#8217;AIT peut prendre des mois ou des ann\u00e9es pour soulager les sympt\u00f4mes, la plupart des patients AR d\u00e9pendent de m\u00e9dicaments \u00e0 action plus rapide, tels que des sprays nasaux contenant des corticost\u00e9ro\u00efdes ou des antihistaminiques, des antihistaminiques oraux et des gouttes pour les yeux.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Afin d&#8217;\u00e9tudier les effets \u00e0 long terme de l&#8217;AIT, le Dr Peter Bager et ses collaborateurs du D\u00e9partement de recherche en \u00e9pid\u00e9miologie, Statens Serum Institute, Copenhague, Danemark, ont men\u00e9 une \u00e9tude de cohorte \u00e0 partir de donn\u00e9es de registres nationaux. Dans une cohorte de 1,1 million d&#8217;utilisateurs de sprays corticost\u00e9ro\u00efdes intranasaux (repr\u00e9sentatifs de l&#8217;AR), ils ont compar\u00e9 les utilisateurs trait\u00e9s avec des ITA \u00e0 base d&#8217;herbe, de bouleau ou d&#8217;armoise par rapport aux utilisateurs non trait\u00e9s en fonction de l&#8217;ann\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rence et de 24 caract\u00e9ristiques au cours des trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la r\u00e9f\u00e9rence. L&#8217;issue primaire \u00e9tait l&#8217;odds ratio (OR) pour l&#8217;utilisation d&#8217;un spray nasal antiallergique pendant la saison pollinique dans le groupe trait\u00e9 par rapport au groupe non trait\u00e9, ventil\u00e9 par ann\u00e9e depuis le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude. Finalement, 7760 personnes atteintes d&#8217;AR ont \u00e9t\u00e9 incluses dans l&#8217;\u00e9tude (4373 allergiques aux gramin\u00e9es, 1374 allergiques au bouleau, 60 allergiques \u00e0 l&#8217;armoise et 2134 allergiques \u00e0 une combinaison des 3 AIT). Chaque personne trait\u00e9e par l&#8217;ITA au pollen a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9e \u00e0 deux personnes non trait\u00e9es, ce qui a permis d&#8217;obtenir un \u00e9chantillon de 15 520 personnes non trait\u00e9es avec AR.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"2217\" height=\"1541\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-380192\" style=\"width:500px\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22.png 2217w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-800x556.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-1160x806.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-2048x1424.png 2048w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-120x83.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-90x63.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-320x222.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-560x389.png 560w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-1920x1335.png 1920w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-240x167.png 240w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-180x125.png 180w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-640x445.png 640w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-1120x778.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/tab1_PA2_s22-1600x1112.png 1600w\" sizes=\"(max-width: 2217px) 100vw, 2217px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<h3 id=\"les-patients-ait-sont-plus-susceptibles-darreter-le-spray-nasal\" class=\"wp-block-heading\">Les patients AIT sont plus susceptibles d&#8217;arr\u00eater le spray nasal  <\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez les 7760 patients AR trait\u00e9s par une ITA pollinique, l&#8217;OR de l&#8217;utilisation d&#8217;un spray nasal a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit jusqu&#8217;\u00e0 5 ans apr\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude par rapport aux 15 520 patients AR non trait\u00e9s. En particulier, la probabilit\u00e9 de devoir utiliser un spray \u00e9tait faible au cours des deux premi\u00e8res ann\u00e9es de traitement AIT (0-2 ans : OR 0,84 [0,81\u20130,88]; 3-5 ans : OR 0,88 [0,84\u20130,92]). Cependant, \u00e0 partir de la sixi\u00e8me ann\u00e9e, l&#8217;OR a de nouveau augment\u00e9, les groupes se sont rapproch\u00e9s et, entre 10 et 18 ans apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement, les patients AIT avaient m\u00eame plus souvent besoin de sprays nasaux que les personnes non trait\u00e9es (6-9 ans : OR 1,03 [0,97\u20131,08]; 10-18 ans : OR 1,18 [1,11\u20131,26]). Dans les analyses post-hoc, les r\u00e9sultats \u00e9taient plus coh\u00e9rents chez les patients qui avaient d\u00e9j\u00e0 subi trois ans d&#8217;hyposensibilisation et chez ceux qui avaient utilis\u00e9 un spray nasal au cours de la derni\u00e8re saison pollinique (0-2 ans : OR 0,76  [0,72\u20130,79]3-5 ans : OR 0,86  [0,81\u20130,93]6-9 ans : OR 0,94  [0,87\u20131,02]10-18 ans : OR 0,94  [0,86\u20131,04]) vs. aucune application de ce type.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les deux r\u00e9sultats secondaires Utilisation d&#8217;antihistaminiques oraux (au moins une bo\u00eete de comprim\u00e9s) et de gouttes oculaires antiallergiques (au moins un flacon) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis de la m\u00eame mani\u00e8re que le r\u00e9sultat primaire Utilisation d&#8217;au moins un m\u00e9dicament antiallergique (au moins un flacon). d&#8217;un spray nasal pendant la saison pollinique. Les patients qui ont re\u00e7u un traitement antipollinique de routine dans une plus large mesure ont cess\u00e9 d&#8217;utiliser des sprays nasaux antiallergiques de 0 \u00e0 5 ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la d\u00e9sensibilisation de 3 ans, mais pas au-del\u00e0 de 5 ans. Selon les auteurs, cela pourrait \u00eatre d\u00fb au fait que les patients sans AIT ont utilis\u00e9 leurs sprays sans interruption, alors que l&#8217;arr\u00eat chez les patients AIT pourrait avoir un impact sur l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;AIT. Des analyses post-hoc ont montr\u00e9 que l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9tait plus consistante chez les patients pr\u00e9sentant une RA persistante.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation secondaire Utilisation de collyres, les r\u00e9sultats de l&#8217;analyse principale \u00e9taient similaires. Cependant, pour le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation secondaire de l&#8217;utilisation d&#8217;antihistaminiques oraux, la proportion d&#8217;utilisateurs \u00e9tait constamment plus \u00e9lev\u00e9e dans le groupe AIT pollinique que dans le groupe non trait\u00e9 (0-2 ans : OR 1,24, IC \u00e0 95 % 1,18-1,29 ; 3-5 ans : OR 1,19, IC \u00e0 95 % 1,14-1,25). Ce r\u00e9sultat \u00e9tait encore plus net apr\u00e8s six ans ou plus (6-9 ans : OR 1,29, IC \u00e0 95% 1,23-1,36 ; 10-18 ans : OR 1,44, IC \u00e0 95% 1,35-1,54), bien que les deux groupes aient \u00e9t\u00e9 en accord sur l&#8217;utilisation avant le traitement.<\/p>\n\n<h3 id=\"manque-de-donnees-sur-le-statut-de-sensibilisation\" class=\"wp-block-heading\">Manque de donn\u00e9es sur le statut de sensibilisation<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;utilisation des m\u00e9dicaments AR ne peut \u00eatre que repr\u00e9sentative de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et de la persistance des sympt\u00f4mes, expliquent les auteurs. Cependant, comme les donn\u00e9es du registre national comprenaient 1,1 million de personnes atteintes de RA (utilisateurs de sprays corticost\u00e9ro\u00efdes intranasaux, INS) disponibles pour un appariement, elles ont pu comparer en d\u00e9tail \u00e0 la fois le nombre de bo\u00eetes utilis\u00e9es au cours des trois saisons polliniques pr\u00e9c\u00e9dant la ligne de base (repr\u00e9sentatif de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 ou de l&#8217;intensit\u00e9 du RA) et au cours desquelles le m\u00e9dicament a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 (repr\u00e9sentatif de la persistance du RA). Cela a \u00e9t\u00e9 possible pour chaque m\u00e9dicament AR sp\u00e9cifique.  <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En revanche, les limites de l&#8217;\u00e9tude comprenaient notamment le manque de donn\u00e9es sur le diagnostic clinique de la RA et le statut de sensibilisation, expliquent le Dr Bager et ses coll\u00e8gues. Cependant, pour identifier les patients atteints de RA, l&#8217;analyse s&#8217;est limit\u00e9e aux utilisateurs de SIN. En outre, les chercheurs attendaient du groupe AIT pollen un diagnostic de RA avec des sympt\u00f4mes mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res et un statut de sensibilisation confirm\u00e9, car c&#8217;est une condition pr\u00e9alable au traitement. Pour le groupe non trait\u00e9, une mauvaise classification de la RA ne peut pas \u00eatre exclue. Cependant, la prise de m\u00e9dicaments AR au cours des trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la ligne de base (y compris l&#8217;INS) a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9e en d\u00e9tail \u00e0 celle des patients atteints d&#8217;ITA pollinique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;\u00e9tude longitudinale men\u00e9e sur 18 ans a montr\u00e9 que les patients recevant des soins de routine et b\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;un TAI pollinique, compar\u00e9s aux patients ne recevant pas de TAI, pr\u00e9sentaient une consommation r\u00e9duite de m\u00e9dicaments inhal\u00e9s par voie nasale au cours des 5 premi\u00e8res ann\u00e9es suivant le d\u00e9but du TAI pollinique, mais pas au-del\u00e0 de la p\u00e9riode de 5 ans, r\u00e9sument les chercheurs danois.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Bager P, Poulsen G, Wohlfahrt J, Melbye M : The effectiveness of pollen allergen immunotherapy on allergic rhinitis over 18 years : A national cohort study in Denmark. Allergy 2024 ; 79 : 1028-1041 ; doi : 10.1111\/all.16026.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>InFo PNEUMOLOGIE &amp; ALLERGOLOGIE 2024 ; 6(2) : 22-24<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La rhinite allergique (RA) a un impact non n\u00e9gligeable sur le fonctionnement quotidien des patients et r\u00e9duit significativement leur qualit\u00e9 de vie. 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