{"id":392155,"date":"2024-12-19T00:01:00","date_gmt":"2024-12-18T23:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=392155"},"modified":"2024-12-19T14:43:39","modified_gmt":"2024-12-19T13:43:39","slug":"origine-diagnostic-et-traitement-des-tumeurs-agressives-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/origine-diagnostic-et-traitement-des-tumeurs-agressives-2\/","title":{"rendered":"Origine, diagnostic et traitement des tumeurs agressives"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. Les patients ont une courte esp\u00e9rance de vie apr\u00e8s le diagnostic, notamment en raison des possibilit\u00e9s limit\u00e9es de traitement. L&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Comme la maladie \u00e9volue insidieusement sur plusieurs d\u00e9cennies, elle est souvent d\u00e9couverte tr\u00e8s tard.   <\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<div class=\"cnvs-block-alert cnvs-block-alert-1674652190130\" >\n\t<div class=\"cnvs-block-alert-inner\">\n\t\t\n\n<p>Vous pouvez passer le test de FMC sur notre plateforme d&#8217;apprentissage apr\u00e8s avoir lu le mat\u00e9riel recommand\u00e9. 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L&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Comme la maladie \u00e9volue insidieusement sur plusieurs d\u00e9cennies, elle n&#8217;est souvent d\u00e9tect\u00e9e que tr\u00e8s tard. C&#8217;est pourquoi les patients sont souvent diagnostiqu\u00e9s avec un m\u00e9soth\u00e9liome pleural inop\u00e9rable, qui se trouve d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un stade avanc\u00e9. Cela limite les mesures th\u00e9rapeutiques et se traduit \u00e9galement par une faible esp\u00e9rance de vie d&#8217;environ 12 mois apr\u00e8s le diagnostic.     <\/p>\n\n<h3 id=\"origine-du-mesotheliome-pleural\" class=\"wp-block-heading\">Origine du m\u00e9soth\u00e9liome pleural<\/h3>\n\n<p>La cause la plus fr\u00e9quente du d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural est l&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante, g\u00e9n\u00e9ralement plusieurs d\u00e9cennies avant l&#8217;apparition des premiers sympt\u00f4mes. L&#8217;inhalation des fibres provoque une inflammation chronique de la pl\u00e8vre, qui contribue \u00e0 la transformation maligne des cellules m\u00e9soth\u00e9liales. Les fibres peuvent causer directement des dommages \u00e0 l&#8217;ADN dans les cellules m\u00e9soth\u00e9liales, ce qui entra\u00eene la mort des cellules et la lib\u00e9ration de m\u00e9diateurs inflammatoires tels que HMGB1 et CCL2. Les m\u00e9diateurs inflammatoires, en particulier CCL2, recrutent des macrophages et agissent directement sur les cellules m\u00e9soth\u00e9liales en se liant aux r\u00e9cepteurs RAGE des cellules m\u00e9soth\u00e9liales et en induisant leur division cellulaire et leur migration. Les macrophages recrut\u00e9s contribuent \u00e9galement \u00e0 l&#8217;inflammation locale et \u00e0 la prolif\u00e9ration des cellules m\u00e9soth\u00e9liales. L&#8217;ingestion de fibres d&#8217;amiante par les macrophages stimule le capteur immunitaire inflammasome, ce qui entra\u00eene la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;IL-1\u03b2. Outre l&#8217;IL-1\u03b2, les macrophages s\u00e9cr\u00e8tent \u00e9galement le TNF-\u03b1, ces deux cytokines contribuant \u00e0 la survie des cellules m\u00e9soth\u00e9liales et \u00e0 la poursuite de leur transformation maligne<strong> (figure 1) <\/strong>[1].        <\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1308\" height=\"1127\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-391892\" style=\"width:500px\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7.jpg 1308w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7-800x689.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7-1160x999.jpg 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/abb1_OH6_s7-1120x965.jpg 1120w\" sizes=\"(max-width: 1308px) 100vw, 1308px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<h3 id=\"signatures-genetiques\" class=\"wp-block-heading\">Signatures g\u00e9n\u00e9tiques<\/h3>\n\n<p>Environ 80% des tumeurs ont pour origine une exposition \u00e0 l&#8217;amiante survenue plusieurs d\u00e9cennies auparavant. Une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique familiale due \u00e0 des mutations germinales dans le <em>g\u00e8ne BAP1<\/em>peut augmenter la probabilit\u00e9 de d\u00e9velopper un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Contrairement \u00e0 d&#8217;autres maladies tumorales, dans lesquelles il existe souvent des mutations activatrices dans les oncog\u00e8nes, le m\u00e9soth\u00e9liome pleural se caract\u00e9rise principalement par l&#8217;alt\u00e9ration et la perte de parties enti\u00e8res de chromosomes et par des mutations dans les g\u00e8nes suppresseurs de tumeurs. Pendant longtemps, peu d&#8217;attention a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e aux modifications g\u00e9n\u00e9tiques dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural, en raison du faible taux de mutations de ce type de cancer et de quelques cas o\u00f9 une th\u00e9rapie cibl\u00e9e serait possible. Les mutations et d\u00e9l\u00e9tions les plus fr\u00e9quentes concernent les g\u00e8nes <em>BAP1, CDKN2A <\/em>et      <em>NF2. BAP1 <\/em>  est un g\u00e8ne suppresseur de tumeur impliqu\u00e9 dans la r\u00e9paration des dommages de l&#8217;ADN et dans le contr\u00f4le du cycle cellulaire. <em>BAP1<\/em> est alt\u00e9r\u00e9 dans environ 45% des m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux, mais ce chiffre peut varier selon les histologies.  <\/p>\n\n<p><em>CDKN2A <\/em>est \u00e9galement un g\u00e8ne suppresseur de tumeur qui est souvent supprim\u00e9 dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural. On trouve des alt\u00e9rations de ce g\u00e8ne dans environ 47% des tumeurs. <em>CDKN2A<\/em> joue un r\u00f4le important dans la r\u00e9gulation du cycle cellulaire, codant pour l&#8217;inhibiteur des kinases 4 et 6 d\u00e9pendantes de la cycline. La perte de ce g\u00e8ne entra\u00eene donc des signaux pro-mitotiques et la survie de la cellule.   <\/p>\n\n<p><em>NF2<\/em> est \u00e9galement impliqu\u00e9 dans la r\u00e9gulation du cycle cellulaire et est modifi\u00e9 dans environ 32% des m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux. NF2 r\u00e9gule la voie de signalisation Hippo via les prot\u00e9ines YAP et TAZ. L&#8217;inactivation de NF2 entra\u00eene une hyperactivation de YAP et une division cellulaire incontr\u00f4l\u00e9e.    <\/p>\n\n<p>Seuls quelques m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux pr\u00e9sentent des mutations dans des g\u00e8nes qui peuvent \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re cibl\u00e9e par des inhibiteurs de petites mol\u00e9cules. Nous avons pu montrer dans une \u00e9tude que dans environ 5% de tous les m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux, les g\u00e8nes <em>ALK, KRAS EGFR, PDGFRA\/B, ERBB2<\/em> ou <em>FGFR3<\/em> sont mut\u00e9s et pourraient \u00eatre trait\u00e9s par des th\u00e9rapies cibl\u00e9es [2]. D&#8217;autres \u00e9tudes doivent encore d\u00e9montrer l&#8217;efficacit\u00e9 de ce traitement dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural.  <\/p>\n\n<h3 id=\"environnement-de-la-tumeur\" class=\"wp-block-heading\">Environnement de la tumeur<\/h3>\n\n<p>L&#8217;interaction entre les diff\u00e9rents types de cellules, telles que les cellules immunitaires, les cellules stromales, les cellules tumorales et les cellules endoth\u00e9liales des vaisseaux sanguins dans la tumeur est tr\u00e8s complexe et n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9e dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Selon le type de tumeur et le patient, l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des types de cellules et des fonctions est grande. En raison de cela, les th\u00e9rapies qui agissent directement sur l&#8217;environnement tumoral sont difficiles \u00e0 d\u00e9velopper. De plus, les cellules immunitaires ont souvent un ph\u00e9notype inhibiteur et r\u00e9gulateur, principalement repr\u00e9sent\u00e9 par les lymphocytes T r\u00e9gulateurs, les macrophages de type 2 et les cellules suppressives my\u00e9lo\u00efdes.   <\/p>\n\n<p>Les macrophages sont les cellules immunitaires les plus courantes dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural et sont recrut\u00e9s dans le sang sous forme de monocytes par CCL2, qui est s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par les cellules m\u00e9soth\u00e9liales. Les macrophages associ\u00e9s \u00e0 la tumeur expriment un ph\u00e9notype immunosuppresseur de type 2 et soutiennent la prolif\u00e9ration des cellules m\u00e9soth\u00e9liales malignes et la croissance tumorale, ce qui les met \u00e9galement en corr\u00e9lation avec un mauvais pronostic. Les deuxi\u00e8mes cellules immunitaires les plus fr\u00e9quentes dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sont les lymphocytes T, dont tous les sous-types sont pr\u00e9sents, comme les cellules T auxiliaires CD4+, les cellules T cytotoxiques CD8+ et les cellules T r\u00e9gulatrices FoxP3+. Les cellules T cytotoxiques expriment souvent des marqueurs tels que Lag-3, Tim-3, PD-1, qui d\u00e9finissent un ph\u00e9notype non r\u00e9actif. Ces cellules T ne sont plus capables d&#8217;exercer des fonctions effectrices, ce qui offre un avantage de survie aux cellules tumorales. Dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural, la pr\u00e9sence de cellules T dans la tumeur est positivement associ\u00e9e \u00e0 la survie, selon les \u00e9tudes, mais cela peut varier en fonction de l&#8217;histologie et du ph\u00e9notype sp\u00e9cifique des cellules T. Ainsi, les cellules T r\u00e9gulatrices dans la tumeur sont associ\u00e9es \u00e0 une survie plus courte. D&#8217;autres cellules immunitaires suppressives dans la tumeur sont les cellules suppressives my\u00e9lo\u00efdes, qui peuvent repr\u00e9senter jusqu&#8217;\u00e0 10% de toutes les cellules immunitaires infiltrantes. Elles ont un effet n\u00e9gatif sur les cellules T et peuvent inhiber leur division cellulaire.        <\/p>\n\n<h3 id=\"pathologie\" class=\"wp-block-heading\">Pathologie<\/h3>\n\n<p>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural est divis\u00e9 en trois sous-types histologiques : le m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde (environ 80% des cas), le m\u00e9soth\u00e9liome pleural biphasique et le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sarcomato\u00efde. Le sous-type biphasique se caract\u00e9rise par une combinaison de structures \u00e9pith\u00e9lio\u00efdes et sarcomato\u00efdes.   <\/p>\n\n<p>Les sous-types histologiques se distinguent principalement par leur esp\u00e9rance de vie. Les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde ont une esp\u00e9rance de vie plus longue que les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural biphasique ou sarcomato\u00efde. De plus, les patients pr\u00e9sentant un sous-type \u00e9pith\u00e9lio\u00efde b\u00e9n\u00e9ficient g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;une r\u00e9section, alors que les autres sous-types ne tirent aucun avantage d&#8217;une intervention chirurgicale. Il est parfois difficile de diagnostiquer un m\u00e9soth\u00e9liome pleural sur la base de la morphologie cellulaire, car la pl\u00e8vre est souvent alt\u00e9r\u00e9e par des modifications inflammatoires ou en pr\u00e9sence de m\u00e9tastases d&#8217;une autre maladie maligne. C&#8217;est pourquoi il est n\u00e9cessaire de poursuivre l&#8217;analyse d&#8217;une biopsie pleurale par immunohistochimie (IHC) de deux marqueurs de m\u00e9soth\u00e9liome tels que la calr\u00e9tinine, la podoplanine, la tumeur de Wilms 1 (WT-1) ou la cytok\u00e9ratine 5\/6. En outre, d&#8217;autres carcinomes peuvent \u00eatre exclus par la coloration avec l&#8217;ACE, le Ber-EP4, la pancytok\u00e9ratine ou la claudine-4. Un m\u00e9soth\u00e9liome pleural avec une modification de type \u00e9pith\u00e9lial peut \u00eatre distingu\u00e9 d&#8217;un carcinome \u00e9pidermo\u00efde par une coloration pour les marqueurs p40 et p63. En outre, les alt\u00e9rations g\u00e9n\u00e9tiques des g\u00e8nes <em>BAP1 <\/em>et <em>CDKN2A<\/em> sont fr\u00e9quentes, ce qui entra\u00eene la perte de l&#8217;expression de ces prot\u00e9ines dans la tumeur. Par cons\u00e9quent, une analyse immunohistochimique de l&#8217;expression de <em>BAP1<\/em> et de MTAP (MTAP est analys\u00e9 comme substitut de <em>CDKN2A<\/em>, car ces g\u00e8nes sont situ\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur le segment chromosomique 9p21 et il y a souvent une co-d\u00e9l\u00e9tion) peut \u00e9galement \u00eatre utile pour le diagnostic final.        <\/p>\n\n<h3 id=\"symptomes-diagnostic-et-stadification\" class=\"wp-block-heading\">Sympt\u00f4mes, diagnostic et stadification<\/h3>\n\n<p>Les patients se pr\u00e9sentent souvent avec des sympt\u00f4mes peu clairs de dyspn\u00e9e, de douleur thoracique et de perte de poids. Souvent, les patients pr\u00e9sentent un \u00e9panchement pleural unilat\u00e9ral. Le diagnostic de m\u00e9soth\u00e9liome pleural repose sur plusieurs examens : i) des examens radiologiques, y compris un scanner du thorax, ii) une biopsie pleurale par thoracoscopie pour v\u00e9rifier le diagnostic de m\u00e9soth\u00e9liome pleural et d\u00e9terminer l&#8217;histologie. La biopsie pleurale doit donc toujours s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 la graisse sous-pleurale et \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de trois sites diff\u00e9rents ou plus. Pour \u00e9viter le risque d&#8217;implantation de cellules tumorales dans la paroi thoracique, seuls 1 ou 2 sites d&#8217;entr\u00e9e de la thoracoscopie devraient \u00eatre utilis\u00e9s [3]. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de les placer dans le m\u00eame espace intercostal de la r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te pr\u00e9vue dans la suite du traitement.       <\/p>\n\n<p>Le staging se fait par tomographie par \u00e9mission de positons (PET-CT) et est compl\u00e9t\u00e9 par une m\u00e9diastinoscopie ou une \u00e9chographie endobronchique (EBUS) en cas de suspicion d&#8217;atteinte des ganglions lymphatiques m\u00e9diastinaux, par une thoracoscopie controlat\u00e9rale en cas de suspicion d&#8217;atteinte de la pl\u00e8vre controlat\u00e9rale, ou par une laparoscopie en cas de suspicion d&#8217;atteinte du p\u00e9ritoine. L&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) du thorax peut en outre fournir des informations pr\u00e9cieuses pour le staging en cas d&#8217;infiltration dans le diaphragme, la paroi thoracique, le p\u00e9ricarde ou le m\u00e9diastin. <\/p>\n\n<h3 id=\"interventions-chirurgicales\" class=\"wp-block-heading\">Interventions chirurgicales<\/h3>\n\n<p>Le traitement doit \u00eatre discut\u00e9 dans le cadre d&#8217;un Tubmorboard interdisciplinaire r\u00e9unissant des sp\u00e9cialistes de la chirurgie thoracique, de l&#8217;oncologie, de la radio-oncologie, de la pathologie et de la radiologie. Si le stade de la tumeur et l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient se pr\u00eatent \u00e0 un concept de traitement multimodal, une chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante avec des cytostatiques \u00e0 base de platine et des antagonistes de l&#8217;acide folique est suivie d&#8217;un re-positionnement par PET-CT pour r\u00e9\u00e9valuer l&#8217;op\u00e9rabilit\u00e9. En raison de la situation anatomique avec proximit\u00e9 des structures m\u00e9diastinales, il n&#8217;est pas possible de respecter des distances de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes lors d&#8217;une r\u00e9section du MPM. Une r\u00e9section radicale signifie donc ici une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te avec pour objectif une cytor\u00e9duction maximale, mais avec le risque d&#8217;une tumeur microscopique r\u00e9siduelle [4]. Une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te peut \u00eatre obtenue par une pneumonectomie extrapleurale (EPP) ou une pleurectomie \u00e9largie et d\u00e9cortication (EPD) pr\u00e9servant le parenchyme pulmonaire [4]. Alors que l&#8217;EPP consiste en une r\u00e9section en bloc du poumon atteint avec la pl\u00e8vre visc\u00e9rale et pari\u00e9tale, ainsi que le diaphragme et le p\u00e9ricarde, l&#8217;EPD consiste uniquement \u00e0 d\u00e9tacher la pl\u00e8vre pari\u00e9tale et visc\u00e9rale et \u00e0 l&#8217;enlever avec le diaphragme et le p\u00e9ricarde atteints, tout en conservant le poumon [4]. En l&#8217;absence de signes d&#8217;atteinte p\u00e9ricardique ou diaphragmatique, une pleurectomie et une d\u00e9cortication (DP) isol\u00e9es peuvent \u00eatre choisies. Pour toutes les r\u00e9sections chirurgicales, une lymphad\u00e9nectomie m\u00e9diastinale syst\u00e9matique doit \u00e9galement \u00eatre effectu\u00e9e. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on assiste \u00e0 un glissement progressif de l&#8217;EPP vers l&#8217;EPD, car le parenchyme pulmonaire et les r\u00e9serves fonctionnelles sont pr\u00e9serv\u00e9s, ce qui permet au patient d&#8217;avoir une meilleure qualit\u00e9 de vie. En outre, l&#8217;EPP est associ\u00e9e \u00e0 une augmentation de la morbidit\u00e9 et de la mortalit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoires. L&#8217;EPP ne devrait \u00eatre envisag\u00e9e que dans des cas s\u00e9lectionn\u00e9s, avec une infiltration \u00e9tendue du parenchyme pulmonaire et des r\u00e9serves cardiopulmonaires suffisantes, et ne devrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e que dans des centres exp\u00e9riment\u00e9s.            <\/p>\n\n<p>Chez les patients pour lesquels une cytor\u00e9duction maximale par r\u00e9section macroscopique compl\u00e8te n&#8217;est pas envisageable, la r\u00e9apparition d&#8217;un \u00e9panchement pleural symptomatique peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e dans une approche palliative. En cas de poumon \u00e9tendu, on proc\u00e8de \u00e0 une pleurod\u00e8se de suif par thoracoscopie, et en cas de poumon chroniquement pi\u00e9g\u00e9, on utilise un syst\u00e8me de cath\u00e9ter tunnelis\u00e9 sous-cutan\u00e9 qui permet de drainer r\u00e9guli\u00e8rement l&#8217;\u00e9panchement, m\u00eame \u00e0 domicile.   <\/p>\n\n<p>Une VATS-PP palliative est recommand\u00e9e pour contr\u00f4ler les \u00e9panchements pleuraux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s chez les patients qui sont suffisamment aptes pour un traitement chirurgical et qui ne peuvent pas b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une pleurod\u00e8se chimique (ou apr\u00e8s une pleurod\u00e8se infructueuse) ou d&#8217;un cath\u00e9ter \u00e0 demeure [5].<\/p>\n\n<h3 id=\"therapie-systemique\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie syst\u00e9mique<\/h3>\n\n<p>Depuis 2004, les patients sont trait\u00e9s par un traitement syst\u00e9mique associant le pemetrexed et une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de platine. L&#8217;introduction du bevacizumab, un inhibiteur de l&#8217;angiogen\u00e8se, en association avec le cisplatine\/pemetrexed a permis d&#8217;augmenter l&#8217;esp\u00e9rance de vie d&#8217;environ 2,5 mois. Suite au succ\u00e8s des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires dans diff\u00e9rentes tumeurs solides, le traitement combin\u00e9 d&#8217;ipilimumab (anticorps anti-CTLA-4) et de nivolumab (anticorps anti-PD-1) a \u00e9t\u00e9 test\u00e9. Ce traitement a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la survie dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sarcomato\u00efde et \u00e9pith\u00e9lio\u00efde avec PD-L1&gt;1% [6]. Par cons\u00e9quent, ce traitement a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par la FDA et l&#8217;EMA comme traitement de premi\u00e8re ligne en 2020. Cependant, dans les lignes de traitement ult\u00e9rieures, le m\u00e9soth\u00e9liome pleural reste toujours une maladie sans traitement standardis\u00e9 et les patients sont souvent inclus dans des essais cliniques.     <\/p>\n\n<p><strong>Messages Take-Home<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une cytor\u00e9duction chirurgicale maximale par r\u00e9section macroscopique compl\u00e8te est recommand\u00e9e chez des patients s\u00e9lectionn\u00e9s pr\u00e9sentant un MPM \u00e0 un stade pr\u00e9coce et disposant de r\u00e9serves cardiopulmonaires suffisantes.  <\/li>\n\n\n\n<li>Une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te doit toujours \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans le cadre d&#8217;un concept th\u00e9rapeutique multimodal en combinaison avec une chimioth\u00e9rapie.  <\/li>\n\n\n\n<li>Les recommandations et les d\u00e9cisions de traitement devraient toujours \u00eatre prises lors d&#8217;un tumorboard interdisciplinaire d&#8217;oncologie thoracique en pr\u00e9sence d&#8217;oncologues, de radio-oncologues, de pneumologues et de chirurgiens thoraciques.  <\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement de premi\u00e8re ligne chez les patients non op\u00e9rables est bas\u00e9 sur le nivolumab et l&#8217;ipilimumab pour les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde avec expression de PD-L1 &gt;1% et pour tous les autres sous-types histologiques. Sinon, l&#8217;autre option est un traitement par platinum-pemetrexed et bevacizumab.   <\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Hiltbrunner S, Mannarino L, Kirschner MB, et al.: Tumor Immune Microenvironment and Genetic Alterations in Mesothelioma, Frontiers in oncology 11 (2021) 660039.<\/li>\n\n\n\n<li>Hiltbrunner S, Fleischmann Z, Sokol E, Curioni-Fontecedro A: 1734P Genomic landscape of pleural and peritoneal mesothelioma tumors, Annals of Oncology 32 (2021) S1200.<\/li>\n\n\n\n<li>Kindler HL, Ismaila N, Armato SG, et al.: Treatment of Malignant Pleural Mesothelioma: American Society of Clinical Oncology Clinical Practice Guideline, J Clin Oncol 36(13) (2018): 1343\u20131373.<\/li>\n\n\n\n<li>Rice D, Rusch V, Pass H, et al.: Recommendations for uniform definitions of surgical techniques for malignant pleural mesothelioma: a consensus report of the international association for the study of lung cancer international staging committee and the international mesothelioma interest group, J Thorac Oncol 6(8) (2011): 1304\u20131312.<\/li>\n\n\n\n<li>Opitz I, Scherpereel A, Berghmans T, et al.: ERS\/ESTS\/EACTS\/ESTRO guidelines for the management of malignant pleural mesothelioma, Eur J Cardiothorac Surg 58(1) (2020): 1\u201324.<\/li>\n\n\n\n<li>Baas P, Scherpereel A, Nowak AK, et al. : First-line nivolumab plus ipilimumab in unresectable malignant pleural mesothelioma (CheckMate 743) : a multicentre, randomised, open-label, phase 3 trial, Lancet 397(10272) (2021) 375-386.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><\/p>\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2024; 12(6): 6\u20139<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. 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