{"id":393264,"date":"2024-12-12T06:00:00","date_gmt":"2024-12-12T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/?p=393264"},"modified":"2025-01-16T14:16:35","modified_gmt":"2025-01-16T13:16:35","slug":"crises-apres-un-accident-vasculaire-cerebral-quand-traiter-combien-de-temps-et-comment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/crises-apres-un-accident-vasculaire-cerebral-quand-traiter-combien-de-temps-et-comment\/","title":{"rendered":"Crises apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral: quand traiter, combien de temps et comment?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les crises symptomatiques aigu\u00ebs apr\u00e8s un AVC ne n\u00e9cessitent g\u00e9n\u00e9ralement pas de traitement \u00e0 long terme et le d\u00e9lai actuellement recommand\u00e9 dans les lignes directrices pour distinguer l&#8217;\u00e9pilepsie apr\u00e8s un AVC est de 7 jours. Pour \u00e9valuer plus pr\u00e9cis\u00e9ment le risque de r\u00e9currence des crises d&#8217;\u00e9pilepsie apr\u00e8s un AVC, des outils valid\u00e9s, tels que le mod\u00e8le SeLECT, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s et sont disponibles sous forme num\u00e9rique pour une utilisation au chevet du patient. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div class=\"cnvs-block-alert cnvs-block-alert-1669013560583\" >\n\t<div class=\"cnvs-block-alert-inner\">\n\t\t\n\n<p>Vous pouvez passer le test de FMC sur notre plateforme d&#8217;apprentissage apr\u00e8s avoir consult\u00e9 le mat\u00e9riel recommand\u00e9. 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Toutefois, les crises d\u2019\u00e9pilepsie sont encore plus fr\u00e9quentes apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 55 ans, avec une incidence en constante augmentation. La raison en est le vieillissement du cerveau et l\u2019accumulation de diverses maladies c\u00e9r\u00e9brales.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral (AVC) est la cause la plus fr\u00e9quente d\u2019\u00e9pilepsie se manifestant pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte en Europe. Chez les plus de 65 ans, la moiti\u00e9 des \u00e9pilepsies sont attribuables \u00e0 des maladies c\u00e9r\u00e9brovasculaires. Les crises apr\u00e8s un AVC sont non seulement fr\u00e9quentes, mais aussi pertinentes. Elles sont associ\u00e9es \u00e0 une mortalit\u00e9 accrue, \u00e0 un handicap et \u00e0 un risque de d\u00e9ficits cognitifs suppl\u00e9mentaires [1].<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"approche-pratique\" class=\"wp-block-heading\">Approche pratique<\/h3>\n\n\n\n<p>Si un \u00e9v\u00e9nement \u00e9vocateur d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie survient apr\u00e8s un AVC, il convient en premier lieu de r\u00e9pondre \u00e0 trois questions:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>S\u2019agit-il d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie?<\/li>\n\n\n\n<li>Existe-t-il une \u00e9pilepsie?<\/li>\n\n\n\n<li>Quel est le traitement ad\u00e9quat dans cette situation?<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><strong>1. S\u2019agit-il d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux diagnostics diff\u00e9rentiels (\u00abmimics\u00bb) des crises d\u2019\u00e9pilepsie dans ce groupe d\u2019\u00e2ge sont les accidents isch\u00e9miques transitoires (AIT), les \u00e9pisodes neurologiques focaux transitoires (ENFT) dans le cadre d\u2019une angiopathie amylo\u00efde (\u00e9galement appel\u00e9s \u00abamyloid spells\u00bb), les syncopes et d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes autonomes. Les crises fonctionnelles ou dissociatives et les migraines sont plus rares dans ce groupe d\u2019\u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Les crises d\u2019\u00e9pilepsie sont g\u00e9n\u00e9ralement de courts \u00e9pisodes d\u2019une dur\u00e9e de 30 secondes \u00e0 2 minutes environ, souvent accompagn\u00e9s de sympt\u00f4mes positifs tels que des auras visuelles, des paresth\u00e9sies \u00e0 type de fourmillements, des myoclonies ou d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes moteurs. En revanche, dans les AIT et les ENFT, ce sont les d\u00e9ficits neurologiques, tels que les par\u00e9sies, les d\u00e9ficits du champ visuel ou les troubles du langage, qui sont au premier plan. Les troubles de la conscience sont typiques des crises d\u2019\u00e9pilepsie, alors qu\u2019ils sont rares dans les diagnostics diff\u00e9rentiels mentionn\u00e9s. Une dur\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 15 minutes n\u2019est pas typique des crises d\u2019\u00e9pilepsie et \u00e9voque plut\u00f4t des AIT, des ENFT ou d\u2019autres maladies neurologiques, comme par ex. une aura migraineuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient toutefois de noter que les crises d\u2019\u00e9pilepsie chez les personnes \u00e2g\u00e9es sont souvent oligosymptomatiques. Une manifestation typique est une crise focale non per\u00e7ue de fa\u00e7on consciente, caract\u00e9ris\u00e9e par une immobilit\u00e9 et un regard fig\u00e9. Une telle crise peut facilement passer inaper\u00e7ue et n\u00e9cessite une observation minutieuse ainsi qu\u2019une sollicitation verbale cibl\u00e9e de la personne touch\u00e9e pendant la crise. Il est fr\u00e9quent que des troubles post-ictaux tels que la confusion apparaissent par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>La distinction diagnostique se base g\u00e9n\u00e9ralement sur une anamn\u00e8se approfondie et sur les observations de tiers, mais elle est souvent difficile \u00e0 \u00e9tablir. La mise en \u00e9vidence d\u2019alt\u00e9rations typiques de l\u2019\u00e9pilepsie \u00e0 l\u2019\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) interictal, l\u2019enregistrement EEG-vid\u00e9o ictal et la d\u00e9limitation des diagnostics diff\u00e9rentiels au moyen de l\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique peuvent s\u2019av\u00e9rer utiles. La sensibilit\u00e9 d\u2019un bref EEG interictal de routine pour la d\u00e9tection de potentiels typiques de l\u2019\u00e9pilepsie n\u2019est que de 20\u201330% et ne suffit pas \u00e0 exclure une \u00e9pilepsie en cas de r\u00e9sultats n\u00e9gatifs. La sensibilit\u00e9 peut \u00eatre augment\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 70% par un enregistrement pr\u00e9coce, des EEG r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et la r\u00e9alisation d\u2019un EEG de longue dur\u00e9e pendant la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Existe-t-il une \u00e9pilepsie?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019il est \u00e9tabli qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie, il convient de d\u00e9terminer s\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise provoqu\u00e9e ou non provoqu\u00e9e <strong>(Tab.&nbsp;1). <\/strong>La devise est la suivante: \u00abToute personne atteinte d\u2019\u00e9pilepsie a des crises, mais toute personne ayant des crises n\u2019est pas \u00e9pileptique\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1753\" height=\"505\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393287\" style=\"width:400px\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR.png 1753w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR-800x230.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR-1160x334.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR-1536x442.png 1536w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR-1120x323.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab1_FR-1600x461.png 1600w\" sizes=\"(max-width: 1753px) 100vw, 1753px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Les crises provoqu\u00e9es sont aujourd\u2019hui appel\u00e9es \u00abcrises symptomatiques aigu\u00ebs\u00bb [2]. Celles-ci surviennent en \u00e9troite relation temporelle avec une maladie c\u00e9r\u00e9brale ou un trouble m\u00e9tabolique, toxique ou inflammatoire. Les crises d\u2019\u00e9pilepsie qui surviennent dans les 7 premiers jours suivant un AVC sont consid\u00e9r\u00e9es comme symptomatiques aigu\u00ebs. La raison en est que ces crises sont d\u00e9clench\u00e9es par des alt\u00e9rations toxiques et inflammatoires aigu\u00ebs dans le cadre de l\u2019AVC et ne sont pas l\u2019expression d\u2019une \u00e9pilepsie sous-jacente. En cons\u00e9quence, le risque de crises non provoqu\u00e9es ult\u00e9rieures est plut\u00f4t faible. Toutefois, la limite de 7 jours n\u2019est pas bien \u00e9tablie et des donn\u00e9es r\u00e9centes, non encore publi\u00e9es, indiquent que les crises survenant au cours du premier mois apr\u00e8s l\u2019AVC sont \u00e9galement associ\u00e9es \u00e0 un faible risque de crises non provoqu\u00e9es ult\u00e9rieures et pourraient donc \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme symptomatiques aigu\u00ebs<strong> (Tab.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1782\" height=\"857\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393288 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1782px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1782\/857;width:400px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR.png 1782w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR-800x385.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR-1160x558.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR-1536x739.png 1536w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR-1120x539.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab2_FR-1600x769.png 1600w\" data-sizes=\"(max-width: 1782px) 100vw, 1782px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>En revanche, les crises qui surviennent plus tard apr\u00e8s un AVC sont consid\u00e9r\u00e9es comme non provoqu\u00e9es, pour autant qu\u2019elles n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9es par d\u2019autres facteurs, comme par exemple une hyponatr\u00e9mie. Si une crise non provoqu\u00e9e a vraisemblablement \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e par l\u2019AVC sous-jacent, c\u2019est-\u00e0-dire si elle pr\u00e9sente une s\u00e9miologie compatible, il faut s\u2019attendre \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive, sup\u00e9rieur \u00e0 60%, de nouvelles crises non provoqu\u00e9es au cours des 10 ann\u00e9es suivantes. Ainsi, selon les lignes directrices actuelles, le diagnostic d\u2019\u00e9pilepsie structurelle peut d\u00e9j\u00e0 \u00eatre pos\u00e9 apr\u00e8s une premi\u00e8re crise d\u2019\u00e9pilepsie non provoqu\u00e9e cons\u00e9cutive \u00e0 un AVC [3].<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Quel est le traitement ad\u00e9quat dans cette situation?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La distinction entre les crises symptomatiques aigu\u00ebs et l\u2019\u00e9pilepsie structurelle est cruciale, car les approches th\u00e9rapeutiques sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Une pr\u00e9sentation d\u00e9taill\u00e9e du traitement de ces deux entit\u00e9s est propos\u00e9e dans la suite de cet article.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, les lignes directrices ne recommandent aucun traitement ou seulement un traitement \u00e0 court terme pour les crises symptomatiques aigu\u00ebs, alors que l\u2019\u00e9pilepsie n\u00e9cessite g\u00e9n\u00e9ralement un traitement \u00e0 long terme <strong>(Fig.&nbsp;1) <\/strong>[4]. Si un traitement est initi\u00e9 apr\u00e8s une crise symptomatique aigu\u00eb, il doit \u00eatre relativement agressif et faire appel \u00e0 un m\u00e9dicament \u00e0 action rapide. Cela s\u2019explique par le fait que le risque de nouvelles crises est le plus \u00e9lev\u00e9 dans les premiers jours suivant un AVC et qu\u2019il diminue ensuite rapidement. En revanche, le traitement de l\u2019\u00e9pilepsie chez les personnes \u00e2g\u00e9es repose sur le principe <em>start low, go slow, <\/em>car avec l\u2019\u00e2ge, la clairance des m\u00e9dicaments anti\u00e9pileptiques est r\u00e9duite.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR.png\"><img decoding=\"async\" width=\"1301\" height=\"738\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393289 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1301px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1301\/738;width:400px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR.png 1301w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR-800x454.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR-1160x658.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Abb1_FR-1120x635.png 1120w\" data-sizes=\"(max-width: 1301px) 100vw, 1301px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 id=\"risques-apres-des-crises-symptomatiques-aigues\" class=\"wp-block-heading\">Risques apr\u00e8s des crises symptomatiques aigu\u00ebs<\/h3>\n\n\n\n<p>Environ 40 \u00e0 50% des premi\u00e8res crises d\u2019\u00e9pilepsie sont symptomatiques aigu\u00ebs. Les maladies c\u00e9r\u00e9brovasculaires comptent parmi les causes les plus fr\u00e9quentes des crises symptomatiques aigu\u00ebs, en particulier chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Les crises sont particuli\u00e8rement fr\u00e9quentes chez les patients trait\u00e9s en unit\u00e9 de soins intensifs \u00e0 la suite d\u2019un AVC, 20 \u00e0 30% d\u2019entre eux \u00e9tant victimes de crises. Cependant, bon nombre de ces crises sont non convulsives, ne pr\u00e9sentent que des sympt\u00f4mes minimes ou sont compl\u00e8tement subcliniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Si une surveillance EEG continue est effectu\u00e9e, davantage de crises peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es. Dans une \u00e9tude prospective men\u00e9e chez des patients ayant subi des h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales, des crises subcliniques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es chez pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux [5]. Il n\u2019est pas clair si les crises subcliniques ont une signification similaire \u00e0 celle des crises cliniques. Il existe toutefois des preuves que les crises subcliniques sont associ\u00e9es \u00e0 un risque aussi \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9velopper ult\u00e9rieurement une \u00e9pilepsie que les crises cliniques, ainsi qu\u2019\u00e0 un mauvais devenir. Par cons\u00e9quent, le traitement des crises subcliniques devrait probablement \u00eatre similaire au traitement des crises cliniques.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Risque de d\u00e9velopper une \u00e9pilepsie:<\/em> Les crises symptomatiques aigu\u00ebs ne sont pas synonymes d\u2019\u00e9pilepsie, car elles sont d\u00e9clench\u00e9es par une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale aigu\u00eb. Elles indiquent toutefois que la personne concern\u00e9e pourrait avoir un seuil \u00e9pileptog\u00e8ne bas et que l\u2019AVC a activ\u00e9 un r\u00e9seau potentiellement \u00e9pileptique qui pourrait contribuer plus tard au d\u00e9veloppement d\u2019une \u00e9pilepsie. Les crises symptomatiques aigu\u00ebs constituent donc le principal facteur de risque de d\u00e9veloppement d\u2019une \u00e9pilepsie apr\u00e8s un AVC.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les personnes ayant \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019une crise symptomatique aigu\u00eb, le risque d\u2019\u00e9pilepsie ult\u00e9rieure est d\u2019environ 20\u201340%. Le risque le plus \u00e9lev\u00e9, sup\u00e9rieur \u00e0 80%, est observ\u00e9 chez les patients qui ont eu un \u00e9tat de mal \u00e9pileptique symptomatique aigu. Un risque accru, de l\u2019ordre de 60\u201370%, existe probablement aussi chez les patients ayant eu une crise tonico-clonique symptomatique aigu\u00eb le jour de l\u2019AVC.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/?attachment_id=393290\"><img decoding=\"async\" width=\"858\" height=\"2158\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab3_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393290 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 858px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 858\/2158;width:400px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab3_FR.png 858w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab3_FR-800x2012.png 800w\" data-sizes=\"(max-width: 858px) 100vw, 858px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Les autres facteurs de risque de d\u00e9velopper une \u00e9pilepsie apr\u00e8s un AVC sont le type, la localisation, la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et l\u2019\u00e9tiologie de l\u2019infarctus. Il existe d\u00e9sormais des mod\u00e8les pronostiques tr\u00e8s bien valid\u00e9s qui permettent de pr\u00e9dire le risque avec une grande pr\u00e9cision. Il est recommand\u00e9 d\u2019utiliser le mod\u00e8le SeLECT <strong>(Tab.&nbsp;3)<\/strong> [6,7] pour les infarctus c\u00e9r\u00e9braux isch\u00e9miques et le mod\u00e8le CAVE <strong>(Tab.&nbsp;4)<\/strong> [8] pour les infarctus h\u00e9morragiques. Pour le mod\u00e8le SeLECT, il existe une application pour smartphone appel\u00e9e SeLECT Score, qui facilite le calcul au chevet du patient.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Tab4_FR.png\"><img decoding=\"async\" width=\"859\" height=\"1229\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Tab4_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393291 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 859px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 859\/1229;width:400px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Tab4_FR.png 859w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Tab4_FR-800x1145.png 800w\" data-sizes=\"(max-width: 859px) 100vw, 859px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Influence sur le devenir: Les crises cons\u00e9cutives \u00e0 un AVC sont associ\u00e9es \u00e0 un plus mauvais devenir, y compris une mortalit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e, un handicap plus important et un risque accru de troubles cognitifs, notamment de d\u00e9mence [20]. Ces effets sont nettement plus marqu\u00e9s en cas de crises symptomatiques aigu\u00ebs par rapport aux crises non provoqu\u00e9es survenant plus tard. Le devenir est le plus mauvais apr\u00e8s un \u00e9tat de mal \u00e9pileptique symptomatique aigu, qui multiplie par dix le risque de mortalit\u00e9. Cependant, dans la plupart des cas, la raison du d\u00e9c\u00e8s lors d\u2019un \u00e9tat de mal \u00e9pileptique symptomatique aigu est l\u2019arr\u00eat du traitement ou une approche palliative.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de souligner que ces relations repr\u00e9sentent une association et pas n\u00e9cessairement un lien de causalit\u00e9. En d\u2019autres termes, les crises cons\u00e9cutives \u00e0 un AVC sont un indicateur d\u2019une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re due \u00e0 l\u2019infarctus. Il n\u2019est pas certain qu\u2019un traitement anti\u00e9pileptique am\u00e9liore le devenir. La plupart des \u00e9tudes indiquent plut\u00f4t que le devenir ne s\u2019en trouve pas am\u00e9lior\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"traitement-des-crises-symptomatiques-aigues\" class=\"wp-block-heading\">Traitement des crises symptomatiques aigu\u00ebs<\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe peu de preuves robustes concernant le traitement des crises symptomatiques aigu\u00ebs, mais beaucoup d\u2019incertitudes et de malentendus. Les lignes directrices actuelles de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de neurologie (DGN) recommandent en premier lieu de ne pas traiter les crises symptomatiques aigu\u00ebs [4]. Cela est principalement justifi\u00e9 par le fait qu\u2019il faut \u00e9viter un surtraitement fr\u00e9quent. Si, apr\u00e8s une \u00e9valuation individuelle, un traitement devait tout de m\u00eame \u00eatre initi\u00e9, il ne devrait \u00eatre administr\u00e9 qu\u2019\u00e0 court terme et pendant la phase aigu\u00eb, c\u2019est-\u00e0-dire dans les 7 \u00e0 14 premiers jours suivant l\u2019AVC. Il est en outre recommand\u00e9 de recourir \u00e0 des mod\u00e8les pronostiques, tels que le SeLECT-Score ou le CAVE-Score, pour l\u2019\u00e9valuation individuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 diverge toutefois consid\u00e9rablement des recommandations des lignes directrices. Des registres pronostiques allemands et am\u00e9ricains ainsi que des enqu\u00eates internationales montrent que 9 patients sur 10 souffrant de crises symptomatiques aigu\u00ebs sont trait\u00e9s par anti\u00e9pileptiques. Environ la moiti\u00e9 de ces patients re\u00e7oivent un traitement de plusieurs mois et jusqu\u2019\u00e0 un tiers sont trait\u00e9s \u00e0 long terme avec des anti\u00e9pileptiques. Ces donn\u00e9es proviennent en grande partie de centres sp\u00e9cialis\u00e9s, de sorte que les chiffres r\u00e9els dans la population g\u00e9n\u00e9rale sont peut-\u00eatre encore plus \u00e9lev\u00e9s. Il existe donc un \u00e9cart important entre les recommandations des lignes directrices et la pratique clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe certains arguments qui pourraient plaider en faveur ou en d\u00e9faveur du traitement des crises symptomatiques aigu\u00ebs par anti\u00e9pileptiques <strong>(Tab.&nbsp;5). <\/strong>La crainte de nouvelles crises, qui pourraient entra\u00eener des chutes ou des blessures ou qui pourraient accabler les patients, plaide en faveur d\u2019un traitement. Ceci est particuli\u00e8rement pertinent chez les patients pr\u00e9sentant des st\u00e9noses vasculaires de haut grade, des vasospasmes ou une pression intracr\u00e2nienne \u00e9lev\u00e9e et ceux ayant subi une intervention neurochirurgicale.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1763\" height=\"725\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-393293 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1763px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1763\/725;width:400px\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR.png 1763w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR-800x329.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR-1160x477.png 1160w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR-1536x632.png 1536w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR-1120x461.png 1120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/tab5_FR-1600x658.png 1600w\" data-sizes=\"(max-width: 1763px) 100vw, 1763px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, le traitement par anti\u00e9pileptiques peut \u00e9galement avoir des effets ind\u00e9sirables. Par exemple, les effets ind\u00e9sirables psychiatriques pourraient diminuer la motivation \u00e0 suivre une neuror\u00e9habilitation et ainsi entraver la r\u00e9cup\u00e9ration apr\u00e8s l\u2019AVC. Les interactions avec d\u2019autres m\u00e9dicaments, tels que les anticoagulants, les antihypertenseurs ou les hypocholest\u00e9rol\u00e9miants, pourraient r\u00e9duire l\u2019efficacit\u00e9 du traitement et augmenter ainsi le risque de r\u00e9cidive d\u2019\u00e9v\u00e9nements c\u00e9r\u00e9brovasculaires, en particulier avec les anti\u00e9pileptiques inducteurs enzymatiques. On ignore actuellement s\u2019il existe une interaction pertinente entre les anticoagulants oraux directs et les anti\u00e9pileptiques, car les r\u00e9sultats des \u00e9tudes sont contradictoires. Un traitement \u00e0 long terme par anti\u00e9pileptiques peut \u00e9galement augmenter la stigmatisation et les co\u00fbts pour les patients.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de savoir si un traitement anticonvulsivant des crises symptomatiques aigu\u00ebs apr\u00e8s un AVC pourrait avoir un effet neuroprotecteur ou anti\u00e9pileptique est encore \u00e0 l\u2019\u00e9tude. Il n\u2019existe pour l\u2019heure pas de preuves univoques.<\/p>\n\n\n\n<p>De notre point de vue, il est recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation individuelle. Nous suivons \u00e0 cet \u00e9gard le concept <em>\u00abThe Good, The Bad, and The Ugly\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abThe Good\u00bb: <\/em>Les crises symptomatiques aigu\u00ebs de bon pronostic et \u00e0 faible risque sont celles qui ne s\u2019accompagnent pas de troubles s\u00e9v\u00e8res de la conscience ou de ph\u00e9nom\u00e8nes moteurs prononc\u00e9s et qui surviennent chez des patients ayant un faible handicap apr\u00e8s l\u2019AVC et ne pr\u00e9sentant pas de st\u00e9noses vasculaires de haut grade. Si ces crises ne surviennent qu\u2019une seule fois ou rarement, nous estimons qu\u2019il est possible de renoncer \u00e0 un traitement anticonvulsivant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abThe Bad\u00bb: <\/em>Si les crises symptomatiques aigu\u00ebs sont associ\u00e9es \u00e0 un risque de blessure ou \u00e0 une d\u00e9t\u00e9rioration neurologique, par ex. en cas de st\u00e9noses de haut grade, de vasospasmes ou de pression intracr\u00e2nienne \u00e9lev\u00e9e, un traitement anticonvulsivant \u00e0 court terme doit \u00eatre envisag\u00e9. Dans ces cas, il est recommand\u00e9 d\u2019utiliser des anti\u00e9pileptiques dont la dose peut \u00eatre augment\u00e9e rapidement et qui ont un profil d\u2019interaction et d\u2019effets ind\u00e9sirables favorable. Le l\u00e9v\u00e9tirac\u00e9tam est le plus souvent utilis\u00e9 dans la pratique (dans &gt;90% des cas) [21]. Le deuxi\u00e8me choix le plus fr\u00e9quent est le lacosamide. L\u2019acide valpro\u00efque est aussi utilis\u00e9 assez fr\u00e9quemment, mais il pr\u00e9sente \u00e0 notre avis un profil un peu plus probl\u00e9matique et devrait plut\u00f4t \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un traitement de deuxi\u00e8me choix.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces cas, nous recommandons que le traitement soit de courte dur\u00e9e, id\u00e9alement de 7 \u00e0 14 jours. Dans la pratique, certains centres poursuivent cependant ce traitement pendant 3 mois, suite \u00e0 quoi l\u2019arr\u00eat du traitement est d\u00e9cid\u00e9 lors d\u2019une consultation ambulatoire, incluant un EEG.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abThe Ugly\u00bb: <\/em>En cas d\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique symptomatique aigu, il existe un risque \u00e9lev\u00e9 (&gt;80%) d\u2019\u00e9pilepsie ult\u00e9rieure, un devenir d\u00e9favorable et une mortalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e [18]. Dans ces cas, un traitement anticonvulsivant est toujours n\u00e9cessaire. En raison du risque \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur d\u2019une \u00e9pilepsie, un traitement anticonvulsivant \u00e0 plus long terme peut \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9. Des contr\u00f4les neurologiques r\u00e9guliers devraient au minimum \u00eatre planifi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre l\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique symptomatique aigu, il existe d\u2019autres situations associ\u00e9es \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9 (&gt;60%) d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC ult\u00e9rieure. Il s\u2019agit notamment des crises tonico-cloniques symptomatiques aigu\u00ebs survenant le m\u00eame jour que l\u2019AVC ainsi que de certaines situations \u00e0 haut risque, comme l\u2019apparition d\u2019alt\u00e9rations typiques de l\u2019\u00e9pilepsie \u00e0 l\u2019EEG pr\u00e9coce. Pour une stratification pr\u00e9cise du risque, il convient d\u2019utiliser des mod\u00e8les pronostiques courants tels que SeLECT ou CAVE. Lorsque ces mod\u00e8les pr\u00e9disent un risque de plus de 60% d\u2019\u00e9pilepsie ult\u00e9rieure, certains experts recommandent un traitement anticonvulsivant \u00e0 long terme, comme si une \u00e9pilepsie \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente. Toutefois, aucune \u00e9tude n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour d\u00e9terminer si cette strat\u00e9gie est r\u00e9ellement efficace.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"prophylaxie-de-lepilepsie-post-accident-vasculaire-cerebral-anti-epileptogenese\" class=\"wp-block-heading\">Prophylaxie de l\u2019\u00e9pilepsie post-accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral (anti-\u00e9pileptogen\u00e8se)<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pilepsie en tant que cons\u00e9quence \u00e0 long terme des \u00e9v\u00e9nements c\u00e9r\u00e9brovasculaires fait partie des causes les plus fr\u00e9quentes d\u2019\u00e9pilepsie chez les personnes \u00e2g\u00e9es [9]. Bien que le risque d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC soit d\u2019environ 12% dans les 10 ans suivant un AVC isch\u00e9mique et qu\u2019il augmente m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 30% apr\u00e8s une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale, ces chiffres ne justifient pas un traitement anticonvulsivant \u00e0 titre prophylactique sans que des crises d\u2019\u00e9pilepsie ne se soient effectivement produites [10,11]. En l\u2019absence de preuves correspondantes, un tel traitement prophylactique ne peut pas \u00eatre recommand\u00e9, car les patients seront affect\u00e9s par des effets ind\u00e9sirables et ne b\u00e9n\u00e9ficieront pas d\u2019une protection judicieuse contre les crises. Cette probl\u00e9matique est \u00e9galement exacerb\u00e9e par la polyth\u00e9rapie fr\u00e9quente due \u00e0 de nombreuses comorbidit\u00e9s dans ce groupe d\u2019\u00e2ge. Des \u00e9tudes sont d\u00e8s lors n\u00e9cessaires pour \u00e9valuer la prophylaxie pharmacologique de la survenue d\u2019une \u00e9pilepsie post-AVC, \u00e9tudes qui font pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9faut \u00e0 ce jour. Les exp\u00e9riences men\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ont \u00e9t\u00e9 rares et peu concluantes. Des coll\u00e8gues de Tel Aviv ont con\u00e7u, au cours de la premi\u00e8re d\u00e9cennie de ce si\u00e8cle, un concept compact et prometteur pour la pr\u00e9vention de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC [12]. Ils ont choisi comme groupe cible les patients avec h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui pr\u00e9sentent le plus grand risque de d\u00e9velopper une \u00e9pilepsie, et comme substance pharmacologique le valproate, un anticonvulsivant tr\u00e8s puissant. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une constellation parfaite au premier abord pour atteindre l\u2019objectif. Les auteurs ont randomis\u00e9 en double aveugle 72 patients souffrant d\u2019h\u00e9morragies intrac\u00e9r\u00e9brales non an\u00e9vrismales dans deux groupes. Une moiti\u00e9 (n=36) a re\u00e7u du valproate pendant 4 semaines et l\u2019autre (n=36) un placebo. Le nombre de crises d\u2019\u00e9pilepsie au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e apr\u00e8s l\u2019h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 entre le traitement actif et le placebo, et aucune diff\u00e9rence statistiquement significative n\u2019a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e entre les deux bras (19,5% vs 22,2%; p=0,8).<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre \u00e9tude, intitul\u00e9e \u00abEarly Treatment with Levetiracetam After Stroke for the prevention of late seizures\u00bb (ETLAS), s\u2019est pench\u00e9e sur la question de l\u2019anti-\u00e9pileptogen\u00e8se apr\u00e8s un AVC. Il s\u2019agissait d\u2019une \u00e9tude multicentrique, randomis\u00e9e, contr\u00f4l\u00e9e contre placebo et en double aveugle, \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 des patients victimes d\u2019un AVC pr\u00e9sentant un syndrome cortical et un score de Rankin modifi\u00e9 \u22653 ou un score National Institutes of Health Stroke Scale (NIHSS) \u22656. Les participants ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s par 1500 mg\/jour de l\u00e9v\u00e9tirac\u00e9tam ou un placebo pendant 12 semaines apr\u00e8s l\u2019AVC et ont \u00e9t\u00e9 suivis pendant 1 an [13]. Le traitement a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 entre 48 heures et 7 jours apr\u00e8s l\u2019\u00e9v\u00e9nement index et le crit\u00e8re d\u2019\u00e9valuation primaire \u00e9tait la survenue d\u2019une premi\u00e8re crise d\u2019\u00e9pilepsie tardive, d\u00e9finie comme une crise d\u2019\u00e9pilepsie non provoqu\u00e9e survenant plus d\u20191 semaine apr\u00e8s l\u2019AVC. En raison de probl\u00e8mes de recrutement, seuls 16 patients (l\u00e9v\u00e9tirac\u00e9tam, n=9; placebo, n=7) ont \u00e9t\u00e9 inclus dans l\u2019\u00e9tude entre ao\u00fbt 2005 et d\u00e9cembre 2006, et un seul patient (bras placebo) a d\u00e9velopp\u00e9 une \u00e9pilepsie post-AVC. Le recrutement a \u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9 par le fait que la plupart des patients remplissaient des crit\u00e8res d\u2019exclusion ou pr\u00e9sentaient des comorbidit\u00e9s qui emp\u00eachaient leur participation \u00e0 l\u2019\u00e9tude. En raison de ces difficult\u00e9s, les auteurs ont conclu qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas possible de mener une \u00e9tude sur l\u2019anti-\u00e9pileptogen\u00e8se pour pr\u00e9venir l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les tentatives infructueuses de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, la pr\u00e9vention de l\u2019\u00e9pileptogen\u00e8se apr\u00e8s un AVC reste un d\u00e9fi scientifique motivant pour de nouvelles \u00e9tudes. Des mod\u00e8les animaux exp\u00e9rimentaux ont sugg\u00e9r\u00e9 un effet anti-\u00e9pileptog\u00e8ne potentiel de l\u2019ac\u00e9tate d\u2019eslicarbaz\u00e9pine (ESL). Cet effet a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 par une inhibition efficace des courants entrants des canaux hCaV3.2 de haute et de basse affinit\u00e9 [14,15]. Il a par exemple \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 dans un mod\u00e8le murin d\u2019\u00e9pilepsie chronique utilisant la pilocarpine qu\u2019un traitement temporaire par ESL r\u00e9duisait consid\u00e9rablement la fr\u00e9quence et la dur\u00e9e des d\u00e9charges \u00e9pileptiformes au stade chronique, et il a en outre \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que le traitement par ESL att\u00e9nuait la perte neuronale et r\u00e9duisait sensiblement l\u2019alt\u00e9ration de la coordination [14]. Dans ce contexte, le Prof. Koepp de Londres, en collaboration avec le Prof. Trinka de Salzbourg et d\u2019autres co-auteurs, ont con\u00e7u une \u00e9tude de phase II multicentrique, randomis\u00e9e, en double aveugle et contr\u00f4l\u00e9e contre placebo, afin de tester l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un \u00e9ventuel effet pr\u00e9ventif de l\u2019ESL sur le d\u00e9veloppement d\u2019une \u00e9pilepsie post-AVC et d\u2019\u00e9valuer si un traitement par ESL d\u20191 mois pouvait pr\u00e9venir les crises non provoqu\u00e9es apr\u00e8s un AVC [16]. Des patients pr\u00e9sentant un risque \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9velopper des crises non provoqu\u00e9es \u00e0 la suite d\u2019une h\u00e9morragie intrac\u00e9r\u00e9brale aigu\u00eb ou d\u2019un AVC isch\u00e9mique aigu ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s pour recevoir soit de l\u2019ESL 800 mg\/j, soit un placebo, avec une initiation du traitement dans les 120 heures suivant la survenue de l\u2019AVC primaire. Le traitement a \u00e9t\u00e9 poursuivi jusqu\u2019au 30e jour, puis a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Les patients ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de tous les traitements n\u00e9cessaires \u00e0 la prise en charge de l\u2019AVC, conform\u00e9ment aux lignes directrices de la pratique clinique et aux normes de soins, et ont \u00e9t\u00e9 suivis pendant 18 mois. Le crit\u00e8re d\u2019\u00e9valuation primaire \u00e9tait la survenue d\u2019une premi\u00e8re crise non provoqu\u00e9e dans les 6 mois suivant la randomisation (\u00abtaux d\u2019\u00e9chec\u00bb). Les crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation secondaires incluaient la survenue d\u2019une premi\u00e8re crise non provoqu\u00e9e dans les 12 mois suivant la randomisation et pendant toute la dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude, les r\u00e9sultats fonctionnels (indice de Barthel; NIHSS), la d\u00e9pression post-AVC <em>(Patient Health Questionnaire-9;<\/em> PHQ-9) et la survie globale. Les \u00e9valuations de s\u00e9curit\u00e9 comprenaient l\u2019\u00e9valuation des \u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables li\u00e9s au traitement, les param\u00e8tres de laboratoire, les signes vitaux, l\u2019\u00e9lectrocardiogramme, les pens\u00e9es suicidaires et le comportement suicidaire (PHQ-9, question 9). Le protocole visait \u00e0 randomiser environ 200 patients (1:1) recrut\u00e9s sur 21 sites dans sept pays europ\u00e9ens et en Isra\u00ebl. Malgr\u00e9 les d\u00e9fis, notamment pendant la pand\u00e9mie de COVID-19, l\u2019\u00e9tude a progress\u00e9 et a inclus un nombre remarquable de patients: 129 ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s et 125 ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s. Le recrutement a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 apr\u00e8s 30 mois et les r\u00e9sultats sont attendus prochainement.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"traitement-de-lepilepsie-post-accident-vasculaire-cerebral\" class=\"wp-block-heading\">Traitement de l\u2019\u00e9pilepsie post-accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9volution clinique de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Hormis les formes qui r\u00e9pondent bien au traitement, il existe \u00e9galement des cas r\u00e9fractaires. Par cons\u00e9quent, un suivi neurologique sp\u00e9cialis\u00e9 est judicieux pour cette maladie. L\u2019exp\u00e9rience d\u2019un m\u00e9decin sp\u00e9cialiste est d\u00e9j\u00e0 n\u00e9cessaire pour faire la distinction entre les crises d\u2019\u00e9pilepsie focales et les \u00e9v\u00e9nements c\u00e9r\u00e9brovasculaires dans le cadre du diagnostic diff\u00e9rentiel. Il n\u2019est pas rare que les patients, mais aussi les m\u00e9decins d\u2019autres sp\u00e9cialit\u00e9s, confondent les ph\u00e9nom\u00e8nes ictaux nouvellement apparus avec des AIT, ce qui peut conduire \u00e0 des d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques erron\u00e9es. Le suivi neurologique des patients ayant \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019un AVC est donc recommand\u00e9, car il permet d\u2019identifier et de traiter correctement les s\u00e9quelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC diagnostiqu\u00e9e, il est important de choisir le bon traitement pour contr\u00f4ler efficacement les crises et \u00e9viter les effets ind\u00e9sirables. Comme il n\u2019existe pas de lignes directrices sp\u00e9cifiques pour l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC, le choix des m\u00e9dicaments se fait g\u00e9n\u00e9ralement sur la base des recommandations pour le traitement anticonvulsivant en cas d\u2019\u00e9pilepsie structurelle (focale). Ce faisant, il convient toutefois de tenir compte des comorbidit\u00e9s des patients victimes d\u2019un AVC, car il n\u2019est pas rare qu\u2019ils souffrent de troubles affectifs et cognitifs (par ex. d\u00e9pression post-AVC, d\u00e9mence vasculaire). Ainsi, l\u2019administration de modulateurs de SV2A peut entra\u00eener un risque accru d\u2019effets ind\u00e9sirables affectifs. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019initiation des m\u00e9dicaments anticonvulsivants n\u00e9cessite un contr\u00f4le neurologique sp\u00e9cialis\u00e9 et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une correction. Nos recherches ont montr\u00e9 que le contr\u00f4le et l\u2019optimisation des anti\u00e9pileptiques au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e apr\u00e8s la survenue de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC entra\u00eenent une am\u00e9lioration de 40% du contr\u00f4le des crises et une am\u00e9lioration substantielle de la qualit\u00e9 de vie li\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 des patients [17].<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es sur le traitement sp\u00e9cifique de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC sont essentielles pour aider rapidement et efficacement les patients en choisissant le bon m\u00e9dicament. En l\u2019absence d\u2019\u00e9tudes randomis\u00e9es en double aveugle sur le traitement de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC, plusieurs \u00e9tudes observationnelles se sont pench\u00e9es sur le sujet. \u00c0 d\u00e9faut de la prophylaxie, l\u2019ESL se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une substance prometteuse dans le traitement de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC diagnostiqu\u00e9e. Les donn\u00e9es de l\u2019\u00e9tude Euro-Esli, par exemple, vont dans ce sens. Il s\u2019agit d\u2019une analyse des donn\u00e9es regroup\u00e9es de 14 \u00e9tudes europ\u00e9ennes portant sur un total de 2058 patients [18]. Dans l\u2019analyse en sous-groupes actuelle, les informations sur l\u2019\u00e9tiologie \u00e9taient connues pour 1656 patients et 76 (4,6%) d\u2019entre eux avaient une \u00e9pilepsie post-AVC. Les crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation \u00e9taient l\u2019absence de crises et le taux de r\u00e9pondeurs (r\u00e9duction \u226550% de la fr\u00e9quence des crises). Lors de la derni\u00e8re visite, le taux de r\u00e9pondeurs \u00e9tait significativement plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients souffrant d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC que chez ceux pr\u00e9sentant d\u2019autres \u00e9tiologies d\u2019\u00e9pilepsie (72,9% vs 60,6%; p=0,04). Aucune diff\u00e9rence significative n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e aux autres temps d\u2019\u00e9valuation (3, 6 ou 12 mois). Le taux d\u2019absence de crises \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC \u00e0 la plupart des temps d\u2019\u00e9valuation (par ex. 48,6% vs 31,7% lors de la derni\u00e8re visite; p&lt;0,01). L\u2019incidence des \u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables \u00e9tait similaire chez les patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC et chez ceux atteints d\u2019autres formes d\u2019\u00e9pilepsie (36,0% vs 35,8%; p=0,966). Les auteurs ont conclu que l\u2019ESL pourrait \u00eatre une option de traitement efficace et bien tol\u00e9r\u00e9e pour les patients atteints de crises focales dans le cadre de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre groupe de travail s\u2019est efforc\u00e9 de concevoir une \u00e9tude comparative portant exclusivement sur des monoth\u00e9rapies. Au total, 207 patients ont \u00e9t\u00e9 inclus, ce qui repr\u00e9sente un grand nombre de patients par rapport aux autres \u00e9tudes disponibles [19]. Les m\u00e9dicaments compar\u00e9s \u00e9taient le l\u00e9v\u00e9tirac\u00e9tam (n=60), le lacosamide (n=43), la lamotrigine (n=40), l\u2019ESL (n=38), le valproate (n=18), le topiramate (n=3), le zonisamide (n=2), la gabapentine (n=2) et la carbamaz\u00e9pine (n=1). Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que les anti\u00e9pileptiques avec un m\u00e9canisme d\u2019action bas\u00e9 sur l\u2019inhibition lente des canaux sodiques (ESL et lacosamide) pr\u00e9sentaient le meilleur taux de r\u00e9tention et de contr\u00f4le des crises par rapport aux anti\u00e9pileptiques avec d\u2019autres m\u00e9canismes d\u2019action. En guise d\u2019autocritique, il convient de noter que les anti\u00e9pileptiques les plus r\u00e9cents, tels que le brivarac\u00e9tam, le p\u00e9rampanel et le c\u00e9nobamate, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte dans cette \u00e9tude, car le traitement avec ces substances n\u2019\u00e9tait pas encore tr\u00e8s r\u00e9pandu au moment de la collecte des donn\u00e9es. En ce qui concerne le brivarac\u00e9tam, l\u2019analyse en sous-groupes de l\u2019\u00e9tude BRIVAFIRST portant sur 75 patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC est d\u00e9sormais disponible et montre un taux de r\u00e9pondeurs de 36 \u00e0 42,7% et un taux d\u2019absence de crises de 24 \u00e0 34,7% [20]. Une comparaison avec d\u2019autres anti\u00e9pileptiques n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans cette \u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe \u00e0 pr\u00e9sent des donn\u00e9es sur le traitement de l\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique dans le cadre de l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC, qui reproduisent les r\u00e9sultats de notre \u00e9tude cit\u00e9e ci-dessus [19,21,22]. Il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 chez 138 patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC avec \u00e9tat de mal \u00e9pileptique r\u00e9fractaire que les anti\u00e9pileptiques agissant par inhibition lente des canaux sodiques \u00e9taient les plus efficaces pour contr\u00f4ler l\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique [22]. De fa\u00e7on concordante, notre \u00e9tude sur l\u2019utilisation de l\u2019ESL pour interrompre l\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique a montr\u00e9 que ces inhibiteurs lents des canaux sodiques \u00e9taient les plus efficaces chez les patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC. L\u2019administration d\u2019ESL a permis de mettre fin \u00e0 l\u2019\u00e9tat de mal \u00e9pileptique chez 65,2% des patients atteints d\u2019\u00e9pilepsie post-AVC par rapport \u00e0 29,8% de ceux atteints d\u2019autres formes d\u2019\u00e9pilepsie structurelle (29,8%; p&lt;0,01) [21].<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"conclusion\" class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pilepsie post-AVC est la forme d\u2019\u00e9pilepsie la plus fr\u00e9quente chez les personnes \u00e2g\u00e9es et peut poser des d\u00e9fis \u00e0 la fois en termes de diagnostic diff\u00e9rentiel et de traitement. Pour cette raison, il est essentiel de conna\u00eetre la pr\u00e9sentation clinique des crises d\u2019\u00e9pilepsie chez les personnes \u00e2g\u00e9es et leurs imitateurs (\u00abmimics\u00bb). Les crises symptomatiques aigu\u00ebs apr\u00e8s un \u00e9v\u00e9nement c\u00e9r\u00e9brovasculaire sont associ\u00e9es \u00e0 un faible risque de r\u00e9cidive et, contrairement aux crises qui sont la premi\u00e8re manifestation d\u2019une \u00e9pilepsie, elles ne constituent g\u00e9n\u00e9ralement pas une indication pour un traitement anti\u00e9pileptique \u00e0 long terme. La limite temporelle de 7 jours fait office de valeur indicative, bien que des exceptions soient possibles dans des situations particuli\u00e8res et qu\u2019une pr\u00e9diction pr\u00e9cise de la probabilit\u00e9 de r\u00e9cidive fasse l\u2019objet de recherches actuelles. Suite \u00e0 des initiatives internationales, le mod\u00e8le SeLECT a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour les infarctus c\u00e9r\u00e9braux isch\u00e9miques, avec \u00e9galement une application smartphone pour une utilisation au chevet du patient, et le mod\u00e8le CAVE pour les infarctus h\u00e9morragiques. Les d\u00e9cisions concernant la dur\u00e9e du traitement anti\u00e9pileptique sont prises sur la base du risque de r\u00e9cidive calcul\u00e9 et les sc\u00e9narios possibles (\u00abThe Good\u00bb, \u00abThe Bad\u00bb et \u00abThe Ugly\u00bb) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits en d\u00e9tail dans cet article. Concernant la pr\u00e9vention de l\u2019\u00e9pileptogen\u00e8se apr\u00e8s un AVC, il n\u2019y a pas encore de r\u00e9sultats de recherche positifs, bien que diff\u00e9rents groupes de travail poursuivent leurs recherches sur ce th\u00e8me. Le plus grand espoir r\u00e9side \u00e0 l\u2019heure actuelle dans les inhibiteurs lents des canaux sodiques, comme l\u2019ESL ou le lacosamide. Ce m\u00e9canisme d\u2019action pr\u00e9sente ind\u00e9niablement des avantages en termes d\u2019effets anti\u00e9pileptiques dans l\u2019\u00e9pilepsie post-AVC, comme le montrent les \u00e9tudes ouvertes les plus r\u00e9centes.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9f\u00e9rences:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Winter Y, Sandner K, Vieth T, et al.: Third-Generation Antiseizure Medication in the Treatment of Benzodiazepine-Refractory Status Epilepticus in Poststroke Epilepsy: A Retrospective Observational Register-Based Study. CNS Drugs 2023 Oct; 37(10): 929\u2013936.<\/li>\n\n\n\n<li>Misra S, Kasner SE, Dawson J, et al.: Outcomes in Patients With Poststroke Seizures. JAMA Neurol 2023; 80(11): 1155\u20131165. doi:10.1001\/jamaneurol.2023.3240.<\/li>\n\n\n\n<li>Beghi E, Carpio A, Forsgren L, et al.: Recommendation for a definition of acute symptomatic seizure. 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